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Retour aux origines (libre)

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Gaëlle Lattel
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MessageSujet: Retour aux origines (libre) Jeu 4 Fév - 15:41

Le voyage depuis Berlin m'a paru durer une éternité. A l'intérieur du fourgon blindé, aucun des policiers qui m'escortaient n'a daigné m'adresser la parole. Pas étonnant, personne n'aime les tueurs de flics. Pourtant, je n'en ai jamais particulièrement voulu à la fonction, ce n'est pas comme si je l'avais tué parce qu'il était commissaire. Malheureusement, pour eux, ça ne semble rien changer. Inutile de tenter de leur expliquer ce qu'il en est, de toute façon, ils ne me croiraient pas. Peut-être que les choses auraient été différentes si je m'étais mieux défendue au procès, si j'avais détaillé les raisons de ce parricide... j'avais de quoi soutenir mes accusations. Seulement, je crois que ma mère n'aurait pas supporté de voir sa vie étalée ainsi en public. Alors, par respect pour elle, je n'ai rien dit. De toute manière, on n'échappe pas à son destin.
Le fourgon a fini par s'arrêter, et je suis descendue.
Me voilà maintenant devant Sadismus, ce lieu auquel je suis liée depuis toujours, ce lieu dans lequel je suis née. Enfin, pas tout à fait. Pour être tout à fait honnête, je suis bien obligée de préciser que si je suis en effet née à Sadismus, la prison n'était pas celle devant laquelle je me trouve, mon son ancienne version. La boucle est bouclée, la malédiction des femmes de ma famille continue. Moi qui voulait tout faire pour éviter de finir comme ma mère, on peut dire que ça commence mal...

J'observe les lieux, terrifiée à l'idée des horreurs qu'ils renferment mais fascinée et pleine d'interrogation à la fois. J'essaye de m'imaginer comment était l'autre prison, son aspect ancien et inquiétant. Ma mère avait parfois décrit sa geôle, quelques parties du bâtiment, l'impression qu'il donnait quand on le voyait, mais ce n'était pas suffisamment précis pour que je puisse me le représenter avec certitude. Je n'en ait donc qu'une image très personnelle, sans doute éloignée de la réalité. Une chose est sûre, la prison moderne vers laquelle je marche ne ressemble sans doute pas à ce qu'était l'ancien camp de concentration.
Plus je m'approche des grilles, et plus j'ai peur. Des bribes du journal de ma mère me reviennent en mémoire, les viols, par ces trois hommes, les coups, les humiliations, la peur. J'ai envie de fumer. J'ai bien un paquet de tabac et des feuilles dans ma poche, mais, avec les menottes, je ne peux pas les atteindre. Je ne peux pas m'arrêter d'avancer, non plus. Je voudrais planter mes talons dans le sol, faire tout ce que je peux pour ralentir celui qui me tient fermement par le bras pour me conduire en enfer, mais je ne crois pas que rajouter l'humiliation d'être traînée jusqu'à l'entrée à la peur qui m'envahit arrangerait les choses.
Mieux vaut essayer de faire comme si de rien n'était, comme si rien ne pouvait m'arriver : je sais d'expérience que rien n'attire plus les prédateurs que ce qui se comporte comme une proie. Je sais qu'il n'y a sans doute pas grand monde ici contre qui je fasse le poids, mais inutile de me faire plus fragile que je ne le suis déjà.

On s'arrête, me voilà devant les grilles. Je lève la tête. Malgré l'air glacé, le ciel est très bleu, lumineux. Une magnifique journée en perspective. Je respire profondément, essayant de savourer au mieux mes derniers instants de liberté. Pas facile en étant menottée. On m'annonce que quelqu'un va venir me chercher d'un instant à l'autre, et le silence retombe.
Il n'y a plus qu'à attendre maintenant... quoi que je ne sois pas spécialement pressée.
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Philippe Arther
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MessageSujet: Re: Retour aux origines (libre) Jeu 4 Fév - 19:15

UN colis, une nuit. Enfin une journée, pour dire vrai, la nuit, je travaille. 18h, on m'annonce qu'un autre colis est arrivé pour moi. Ok, je suis en meilleure forme, et je commence même à m'habituer au café pourri et aux croissants réchauffés. Une sortie dehors, c'est une petite liberté que je peux m'autoriser. De plus, c'est mon job, c'est donc non négociable. Le dossier, je ne le lis pas. Je regarde éventuellement la photo, pour éviter de réceptionner quelque chose que ne nous est pas du, et le niveau de dangerosité: elle a tué un flic; sinon, pas si dangereuse que ça: incendiaire, deal. Il y a plus affolant, ici.

Toujours l'étape du la consigne. Je dépose le dossier, et on ouvre les portes. Menottées, petite, passe partout. Allez. Je m'adosse contre le mur de la prison, et porte une cigarette à ma bouche. Les gardes me regardent, ou je pense qu'ils doivent me regarder, ahuris, se demandant d'où je sors. Ils ne sauront jamais que je viens de me lever, et que pour moi, c'est une journée qui commence. Une bouffées, et je prends le relais. Je leur fait signe de la détacher. Jamais dans le dialogue, comme à mon habitude. Mais je remarque une chose que j'avais deviné sur la photo du dossier: j'aime bien ses yeux. Ils sont harmonieux. Je le menotte, et la fouille. Paquet de tabac, feuilles, briquets. Elle fume, mais n'a pas le droit de garde ça. Direction la consigne, ou je dépose tout ça, et l'autre, derrière la grille du comptoir, s'empresse d'emballer et d'étiqueter tout ça.

L'éternel salle de transition. Je ferme la porte. L'uniforme trône, plié en carré, au milieu de la pièce, et je me contente de fumer tranquillement à côté de la porte. Pas de caméras, aérée, c'est une salle parfaite. Mais aussi imparfaite, car elle permet à des connard de violet ou de tabasser un colis. C'est pour ça que c'est moi qui suis utilisé pour réceptionner, le patron sait que je suis un peu plus pro que le normal. Elle a des marques, un tatouage: le phénix. C'est un peu paradoxal, elle ne risque pas de renaître, ici, bien au contraire. Ou s'il y renaissance, ce qui va naître ne va pas être très plaisant. Des marques, sur un corps pourtant bien. Harmonieux, lui aussi. Je ne sais pas si ça la gêne, que je la regarde, mais je m'en fous. C'est comme ça, je pourrais ne pas la regarder, mais ce serait une porte ouverte à une attaque, et je ne prends pas le risque. Une fois qu'elle a fini de s'habille, je le envoie mon paquet de Lucky, avec le zippo. Je compte récupérer les deux. Autant qu'elle en profite, l'absence de caméra peut parfois être utile.
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Gaëlle Lattel
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MessageSujet: Re: Retour aux origines (libre) Dim 7 Fév - 18:08

On finit par venir me chercher. Un homme, gardien, je suppose, puisque les flics qui m'ont accompagnée jusque là me retirent les menottes à sa demande. Bien évidemment, la première chose que je remarque, c'est sa cigarette. Il fume, et je meurs d'envie de l'imiter, mais je ne crois pas que me mettre à rouler une clope maintenant serait particulièrement tolérée. Je m'avance vers lui, l'observe, pas trop longtemps.
Typé asiatique, plutôt fin, brun, rien dans son apparence ne me paraît particulièrement marquant, à part peut-être son attitude étrangement nonchalante, comme si rien ici n'avait d'importance. Peut-être que c'est une tâche banale pour lui après tout, peut-être qu'il y a des nouveaux tous les jours à Sadismus... mais en ce qui me concerne, les moments que je suis en train de vivre sont le début d'une nouvelle vie. Malgré tous mes efforts, je suis incapable de me montrer aussi détendue que lui.

Mes bras ne restent pas libres bien longtemps. Assez rapidement, on entre, et je suppose qu'il effectue ensuite la procédure habituelle. D'abord les menottes, ensuite la fouille.
Je tressaille lorsque je sens ses mains à travers mes vêtements. Aucun homme ne m'a touché depuis deux ans sans que le rembarre plus ou moins gentiment (lorsque j'avais été fouillée, après mon arrestation, c'était toujours par des femmes). J'ai envie de me défendre, mais je sais que ça ne ferait que m'attirer des ennuis : il ne fait que son boulot. N'empêche, je déteste sentir le contact de mains étrangères. Tant pis, je me mords la langue, détourne les yeux pour ne pas qu'il puisse lire le dégoût sur mon visage en attendant que ça passe. Il me confisque mes cigarettes, les donne à quelqu'un d'autre qui emballe et étiquette. Le geste m'arrache un sourire d'ironie malgré moi. En général, lorsqu'on fait ça, dans les prisons, c'est pour les rendre à la sortie : je n'en vois pas trop l'utilité à Sadismus... à moins qu'ils comptent donner les effets personnels aux familles lorsque les prisonniers meurent. Encore mieux : tout ce que mon frère gardera de moi sera un paquet de tabac entamé et un paquet de feuille dont le carton a été déchiré, sans oublier un magnifique briquet trouvé par terre. Magnifique héritage.

Après la fouille, direction une salle vide, à l'exception d'un uniforme. Pas difficile de comprendre ce que je suis sensée faire. Il me retire les menottes pour que je puisse ma changer, mais ne détourne pas son regard de moi, tout en continuant à fumer. Je reste un instant debout, attendant qu'il fasse quelque chose, puis je comprends : hors de question de me laisser seule.
Je lui jette un regard furieux avant de me mettre dos à lui, puis je commence à me déshabiller. Ça pourrait être pire, je garde mes sous-vêtements, et je suis assez rapide. Je déteste qu'on me regarde.
Furieuse et avec une envie de fumer de plus en plus forte, je me retourne vers lui, attendant la suite des évènements. A ma grande surprise, il me tend son paquet de cigarettes et son briquet (un zippo, nettement mieux que la petite chose en plastique qui doit désormais être consignée). Sans attendre, je prends une clope, l'allume, et savoure la première taffe, première de la journée. J'avoue que je suis un peu moins furieuse lorsque je lui rends ce qui lui appartient.


" Merci. "

Je fume, tout en lui jetant quelques regards en coin. Je me demande quel genre d'homme il est. Il n'a pas l'air méchant, mais je me méfie quand même. C'est un gardien de Sadismus après tout, et rien de ce que j'ai lu dans le journal de ma mère ne m'incite à lui faire confiance. Bien sûr que tous ne peuvent pas être des êtres immondes et cruels, mais je suis certaine que je n'ai pas intérêt à faire facilement confiance aux autres ici. N'empêche, le silence commence à me gêner.

" Vous vous appelez comment? "
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Philippe Arther
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MessageSujet: Re: Retour aux origines (libre) Ven 12 Fév - 17:34

Elle me toise, de temps à autre, son regard, de temps en temps, rencontre le mien. Je ne peux malheureusement pas me permettre de le détourner, comme durant son changement de vêtements. Trop de risques, je dois monopoliser tous mes moyens. Ils sont souvent fous, faute d'avoir tout bonnement fait une connerie, donc la plus innocente peut avoir une crise de démence car elle n'aime pas un truc chez moi. Elle a tout de même dit merci pour la clope. Dans une autre prison, j'aurais risqué gros, mais Sadismus n'est pas connu pour son zèle. Peut-être même que j'échapperai dorénavant à la réception des colis. On reste là, fumant tranquillement, un espace non négligeable nous séparant. C'est pas plus mal, me faire draguer par une détenue, c'est pas la meilleure chose à faire.

Elle veut mon nom. Je ne réponds pas, continuant de la regarder, bien que j'ai l'habitude qu'on pense que je rêve, où que j'observe tout et n'importe quoi, sauf le principal concerné. Mon aura qui crie que je ne me préoccupe de rien. Je ne peux pas lui communiquer mon nom, et ceci, c'est marqué dans le protocole, dans la paragraphe "Important". La plupart son des mafieux, et un nom, c'est un moyen de se faire retrouver, observer, une ligne directe avec le monde du dehors. Que ce soit en faisant chanter, en menaçant, en corrompant, les moyens ne manquent pas. C'est pour ça qu'il faut éviter, ça limite les potentielles fuites.

[Arther] - 0002

Comme d'habitude, je ne m'épanche pas sur le sujet, même si ses yeux m'y incitent de toute leur clarté. C'est un moyen comme un autre, implicitement, de lui communiquer le règlement, ou ce que j'ai le droit et n'ai pas le droit de faire. Bien que ça peut paraître paradoxal, après l'infraction de la cigarette. Mais si on prend la peine de se pencher sur le sujet, elle peut avoir un quelconque intérêt à communiquer mon nom, pour s'en sortir, tandis que pour la clope, elle se taira, dans l'espoir d'en récupérer d'autres par le même procédé, aussi je suis plus ou moins assuré. Du même coup, ça me fixera sur son niveau intellectuel. Un approximation de QI était bien présente dans le dossier, mais je ne m'y fie pas. La plupart du temps, les psy jugent qu'ils sont plus à même de les évaluer, donc ils ne partent pas sur un pied d'égalité, et le renseignement n'est pas objectif, l'info erronée. Si elle comprend, elle sort du lot habituel d'emmerdeurs qu'on trouve ici.

Elle a eu la délicatesse de me rendre le tout, c'est pas mal, déjà. Je bouge, redresse mon dos, qui était appuyé contre le mur, négligemment. C'est l'heure, et je ne préfère même pas me demander ce que je jeunot va s'imaginer. Au pire, je m'en fous, c'est pas son estime qui changera quoi que ce soit à ma vie. Je lui fais signe de me suivre. Il n'y a pas de signe de folie, dans son dossier, et comme on sort de la pièce, si elle veut me tuer, elle a le temps de mourir deux ou trois fois, avant.

Cellule n°3, c'est ici que tout se termine, ou que tout commence, ça dépend du point de vue, comme d'habitude. Vu comme je barre de ma personne le passage qui mène aux autres cellules, il est plus ou moins induit pour elle que c'est la sienne. La cellule est vide, ils sont tous au réfectoire. C'est l'heure de manger, alors que moi je ne demande qu'à reprendre mon poste, bien pépère, au dessus de la porte d'entrée, à fumer à longueur de journée.

[Arther] - Je serais ravi de refumer avec toi, à l'occasion.

Après, je fais tout de même mine de me socialiser un peu, genre je reste, histoire d'observer sa façon de prendre ses aises dans ses nouveaux quartiers. C'est plus de la sociologie que de la socialisation, mais je suis curieux de voir à qui peuvent bien appartenir ses yeux.
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Gaëlle Lattel
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MessageSujet: Re: Retour aux origines (libre) Ven 19 Fév - 11:02

Il ne me donne pas son nom, j'aurais dû m'en douter. Même pas un prénom, juste un matricule. Quatre chiffres. Je ne connais même pas le mien, plus long. Pas grave, j'aurai largement le temps de l'apprendre. Je ne lui en veut pas de ne pas m'avoir vraiment répondu, même si connaître quelqu'un par son prénom est nettement plus pratique qu'une suite de numéros. Dans un sens, je le comprends, il ne peut pas se révéler à tous les prisonniers qui s'intéressent un peu à lui, question de sécurité. Après tout, si mon géniteur n'avait pas révélé le sien à ma mère biologique, il serait sans doute toujours en vie... et moi hors de cette prison. Il finit par bouger.
Lorsque j'ai fini ma cigarette, savourant jusqu'à la dernière taffe, il me fait comprendre qu'il est temps de sortir. Je le suis sans protester, parfaitement consciente que ce serait stupide et inutile : l'attaquer ou tenter de m'enfuir reviendrait quasiment à signer mon arrêt de mort.

Il me conduit à travers la prison, et je lui emboîte le pas sans enthousiasme. Je suppose qu'on va jusqu'à ma cellule. Par où commencer, sinon le lieu où je vais passer la majorité de mon temps jusqu'à la fin de mes jours? Tout le trajet s'est déroulé en silence. Pas très bavard, mon gardien. Quand à moi, je ne le suis pas spécialement non plus avec les inconnus, et je dois bien avouer que je ne suis pas d'humeur spécialement joyeuse aujourd'hui. Soudain, on s'arrête. Cellule n°3.
J'entre, timidement, et tourne brusquement la tête vers lui lorsqu'il m'adresse à nouveau la parole. J'ai pas sursauté, mais c'était pas loin. Je crois que j'ai eu de la chance en tombant sur lui. Il n'est pas spécialement chaleureux, mais il s'est montré correct, et même plutôt gentil.


" Moi aussi... à l'occasion. "

Ma voix est assez neutre, peut-être un peu trop calme étant donné la vie qui m'attend, maintenant que je suis enfermée ici. Mon installation dans cette cellule représente la rupture définitive avec tout ce qui composait ma liberté. Je suis ici chez moi, maintenant, et il est clair que je ne serai plus chez moi nul part ailleurs.
Tout en observant les murs, je réfléchis. Je compare mentalement cette pièce à la description qu'avait fait ma mère de sa propre cellule, dans son journal. Je crois que la mienne est plus propre, plus nette, sans doute parce qu'elle est neuve, alors que l'ancienne prison datait du troisième reich. Quatre lits, dont un seul semble être occupé. Apparemment, aucun ne m'est attribué d'office, je prends donc la liberté de choisir celui qui me convient le mieux, le plus proche de la fenêtre. N'ayant ni sac à déballer, ni affaires à ranger, je ne vois rien d'autre à faire que de m'allonger sur le lit, fixant le ciel azur par la fenêtre.
Je reste comme ça quelques minutes, m'attendant à entendre les pas de mon gardien s'éloigner quand il constaterait que j'avais pris possession des lieux. Au lieu de ça, c'est toujours le même silence qui règne, entrecoupé seulement par le bruit de nos respirations respectives. Après ces quelques instants de repos, je finis par me tourner vers lui, intriguée. Il m'observe. Mes yeux recherchent alors les siens, cachés derrière des lunettes sombres. Encore une chose qu'il cache aux autres.


" Quelque chose ne va pas? Il y a d'autres choses que je devrais savoir, ou voir? "

J'essaie de garder ma voix calme au maximum, mais malgré tout, je commence un peu à m'inquiéter. Certes, sa présence n'a rien d'agressif, et il s'est montré plutôt gentil jusque là, si on excepte la fouille, mais rien ne me dit que ça ne pourrait pas changer... ou qu'il n'essaie pas simplement de gagner ma confiance. Après tout, c'est peut-être ça qui l'éclate, gagner la confiance des prisonniers pour mieux s'amuser...
Mais mieux vaut penser qu'il ne reste que pour des raisons professionelles. Si ça se trouve, il doit tout simplement me faire visiter le reste de la prison, ou bien il y a un règlement particulier à connaître.
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Philippe Arther
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MessageSujet: Re: Retour aux origines (libre) Ven 30 Avr - 17:07

Elle n'a pas l'air très rassurée. D'abord, elle fait mine de prendre ses aises et de s'allonger sur un des lits, mais elle se relève et me pose des questions. Son comportement à mon égard la gêne, la met mal à l'aise. C'pas faux, j'aurais du un peu plus y réfléchir. C'est une sorte d'attaque, et pour peu qu'elle ait un peu d'imagination, je peux passer pour un prédateur, en passant pas toutes la gammes. À partir du moment où je commence à la faire plus chier qu'autre chose c'pas bon.

Mon talkie grésille, et le son arrive jusqu'à mon oreillette (moyen efficace que j'ai trouvé pour éviter que tout le monde entende des conversations professionnelles): "Arther, bouge ton cul". Le message, même s'il n'est pas très poli, est plutôt clair. Mais ça me gêne un peu de me barrer en restant dans l'image d'un emmerdeur.

Arther - Si jamais il y a besoin d'aide, je vous retrouverez dans le cour

Je dois avouer, que c'est plutôt court et pas très précis. Mais de mon poste, je vois la cours, et si elle y vient, je saurais qu'il y a un problème. Mais elle, elle ne le sait pas. Et puis dans le registre de l'étrange, je continue... tant pis. Toute façon, on ne va pas s'attarder pour s'enfoncer encore plus dans les gouffres de l'incompréhension, je vais aller reprendre mon poste. P'tet que je la reverrai, en espérant qu'elle gère sa période d'adaptation.
Depuis le temps que je suis ici, j'ai remarqué que les prisonniers entrent dans plusieurs catégorie, qui s'insèrent elles-même dans une hiérarchie. Bestiales, mais vrai. En haut, on a les prédateurs, ceux qui ont un charisme naturel est assez de physique pour soutenir ce charisme. Eux rassemblent les suiveurs, second échelon. Ensuite, les proies. Isolées, victimes, bref, les sous merdes. Puis on a les groupes qui s'en foutent un peu, et qui n'entre pas trop dans ce genre de cliché, mais qui savent quand même se démerder en cas de pépin. Et les hors catégories, les cinglés, que même les prédateurs n'osent pas approché. Pas par peur de prendre des coup, mais par peur de la mort.

La psychologue doit parfois bien se faire chier dans son boulot.
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