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Pas encore mort [Maybeth]

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MessageSujet: Pas encore mort [Maybeth] Ven 15 Jan - 15:34

    Il y a des choses auquel il ne faut surtout pas songer. Je l’ai appris avec les années. Lorsque quelque chose d’horrible nous arrive depuis longtemps, il ne faut surtout pas se poser la question « pourquoi » Pourquoi est-ce que je lui là? Pourquoi est-ce que ça m’arrive à moi? Pourquoi est-ce qu’on ne me laisse pas tranquille? Pourquoi, pourquoi et pourquoi. Ce simple mot peut rendre un homme complètement fou. Alors j’ai appris à le bannir complètement de mon esprit. Je ne me pose plus de questions, je ne fais que survivre. Il n’a fallu qu’une seule année pour que cette prison soit reconstruite. Je dois dire que cette fois je me suis demandé pourquoi. Quelle sorte de monstre a bien pu reconstruire cet endroit? J’espérais bien le rencontrer un jour, ne serais-ce que pour lui cracher à la figure. Oh, bien des prisonniers méritent leurs souffrances. Mais je me souviens de bien des personnes, de pauvres gamins qui eux ne le méritaient absolument pas. Je n’en n’ai rien à foutre de ses gosses, je pense, c’est tout. J’ai été l’un des premiers à revenir. Je ne sais pas pourquoi, cette tôle ne veut pas me lâcher. Ici ou ailleurs, c’est simplement qu’ici, il y a de mauvaises habitudes qui ont été adoptées. Comme la torture par exemple. Les gardiens, tous des détraqués. Comme si être privé de notre liberté n’était pas assez. Lorsque je suis revenu, j’ai tout de suite eu l’impression que quelque chose clochait. Certes la prison était plus grande, plus neuve, plus effrayante. Mais il y avait toujours cette même odeur; celle de la mort. Pourtant, il manquait quelque chose. Il m’a fallu plus d’un mois avant de comprendre.

    Les cellules sont bien plus désagréables. J’ai l’impression qu’ils ont analysés un claustrophobe pour savoir ce qui l’empêcherait le plus de respirer. C’est une véritable torture et je dois dire que ça me rend anxieux et d’autant plus désagréable chaque jours. Et il faut avouer que c’est tout de même difficile de faire plus colérique dans mon genre. Et bien oui, c’est possible, venez discuter avec moi après que j’ai passé une journée complète dans ma cellule et je risque de vous mordre. Cet endroit est pire qu’avant. Je crois que nous allons tous y laisser notre peau. Il paraitrait qu’il y a un nouveau directeur. Je ne l’ai pas encore rencontré. J’imagine que je vais faire une connerie et que ça ne saurait tarder. D’ailleurs, je crois que dans quelques secondes, je vais éclater la tronche du mec qui vient d’entrer dans ma cellule.

    – Alors, c’est toi Hyde? Je vais te tuer connard de merde.
    « … »
    Je n’ai rien répondu, qu’est-ce que vous voulez que je réponde à ça? Il veut me tuer? Et bien on va s’amuser un peu.
    - Tu as tué ma sœur, ordure.
    Ok, alors là je n’ai jamais été aussi paumé. Il sort d’où lui?
    « Hm, non j’en doute, je pourris ici depuis plus de cinq ans, alors… »
    – Ça fait bien plus longtemps que ça.
    Ok, je commencerais presque à flipper. Je ne sais pas qui est cet homme, mais je n’aime pas du tout cette situation. En espérant que ce ne soit pas un gardien…

    Clic.

    C’est bien un gardien, vu l’arme et le bruit singulier du chargeur. Je ne bouge pas et lui n’ont plus. J’ai bien l’impression qu’au moindre mouvement, il n’hésitera pas à me tirer dessus. J’ai pas envi de crever des mains d’un salopard que je ne connais même pas! Mais surtout, je ne crois pas avoir fait l’erreur stupide de tuer qui que ce soit qui avait un frère pour venir me faire la peau!

    PAF!





    Lorsque j’ouvris les yeux, c’était pour me retrouver dans un endroit sombre… petit et surtout très très clos.
    « Bordel … » murmurais-je d’une voix pâteuse.
    Je tentais de me relever, ce qui ne fut pas un grand succès. Je devais être à l’infirmerie Ou mort. Dans tous les cas c’était vraiment chiant car je ressentais pleinement ma claustrophobie.
    « Ouvrez une porte, une fenêtre bordel… » murmurais-je de nouveau d’une voix basse et pâteuse. Je ne sais pas précisément ce qui s’est passé. Je crois qu’il a tiré, et ensuite… Plus rien. J’étais installé sur ce lit, trop faible pour me redresser et à moitié étouffé par la pièce.
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Maybeth Greene
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Lun 18 Jan - 12:01

    -Et personne ne sait vraiment ce qui s’est passé ? C’est absurde, je dis dans un souffle. Je croyais que la sécurité avait été renforcée et voilà qu’on tire sur un prisonnier ?

    -Ça ressemble à un règlement de compte entre prisonniers.

    J’ouvre la bouche et la referme aussitôt. Règlement de compte entre prisonniers ? Sécurité renforcée, bon sang. Les prisonniers ne sont pas censés posséder d’armes. Alors soit la sécurité n’a pas du tout été revue, soit c’est un gardien qui a tiré sur le prisonnier. Et ça ne m’étonnerait qu’à moitié. Dans l’ancienne administration, j’avais eu vent de beaucoup d’abus de pouvoirs. Je n’ai qu’à repenser à Steve et je me hérisse. Et pas seulement lui, ça c’est sûr. J’en venais souvent à me demander s’il n’y avait que moi d’honnête dans cette prison. Je me le demande encore.

    J’étais venue à l’infirmerie pour me chercher des cachets d’aspirines et j’avais surpris deux infirmières en train de discuter à voix basse. Je n’y aurais pas porté attention si l’une d’elles n’avait pas prononcé cette phrase : « J’ai parcouru un peu le dossier de ce Hyde. Pas étonnant ce qui lui est arrivé : c’est écrit qu’il avait un don pour s’attirer des ennuis. » Ça avait produit un petit déclic dans mon esprit. Hyde. Carl Hyde. J’avais fermé la main avant d’attraper la boîte de cachets que je voulais et je m’étais retournée vers les deux jeunes femmes, le visage blême. « Qu’est-ce qui est arrivé à Hyde ? » je m’étais entendue prononcer. Là, les deux femmes ont l’air plutôt mal à l’aise. Elles n’étaient pas dans l’ancienne administration. Elles doivent travailler ici depuis quelques jours à peine et le fait que je hausse le ton parce qu’elles ne savent pas précisément ce qui s’est passé doit les déranger. Je veux ajouter quelque chose mais j’entends des bruits dans la pièce d’à côté.

    -Vous l’avez mis là-dedans ?

    -Euh ouais …

    -Si vous avez lu son dossier, vous avez du remarquer qu’il était claustrophobe ! Mais vous avez jugé bon de le mettre dans une petite pièce plutôt que dans l’air ouverte. C’est malin. Très malin !

    Je les plante là, marche vers la petite porte fermée et l’ouvre en douceur. Je ne commets pas l’erreur de la refermer derrière moi. Sur le lit, il y a Carl, à peu près pareil à l’homme que j’ai laissé derrière quand je suis partie de la prison pour mon projet spécial. Mes traits s’adoucissent légèrement. Pour la première fois depuis que je suis revenue à la prison, je laisse mon masque de froideur se fissurer légèrement. Je m’approche du lit où il est à demi redressé, dos à moi. Je ne veux pas le toucher. S’il ne me voit pas venir, il est peut sursauter et éventuellement m’arracher la tête, ou le bras. Il est peut-être encore en état de choc. Je marche jusqu’à la fenêtre, lui tournant le dos, tire les rideaux et ma bats un peu contre la poignée. Finalement, la fenêtre s’ouvre avec un grincement. Un vent plutôt frisquet s’engouffre dans la pièce. Je reste là un moment, sans le regarder, car je ne sais pas quoi lui dire. Bonjour, peut-être. Ou lui demander ce qui s’est passé. Ce serait maladroit. J’essaie de recouvrer un air distant avant de le regarder.

    Sans me retourner, je lui demande s’il a mal quelque part. Et je me dis aussitôt que c’est encore plus idiot que de lui demander ce qui s’est passé.
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 20 Jan - 10:33

    Je suis épuisé. Complètement K.O. Je sais que je n’ai pas reçu le moindre médicament parce que s’aurait été une toute autre histoire. J’imagine que c’est précisé dans mon dossier que je suis allergique à tout ce qui pourrait me soulager… Je dois avouer que je n’avais pas vu le coup venir. Je suis pourtant assez vigilant. Mais je n’ai jamais vu cet enfoiré de toute ma vie. Alors savoir qu’il allait vraiment me tirer dessus, je n’avais pas pu. Je ne comprends toutefois pas pourquoi il ne m’a pas tué instantanément. Ce que je sais par contre c’est que ma douleur, je ne la sens pratiquement pas, comparé à ce que je ressens en ce moment. Je vais me mettre en colère, je vais exploser et je vais tout détruire! Voilà ce qui va se passer si personne ne vient ouvrir cette porte! Et vous savez ce qui n’est pas prêt de me calmer? J’entends ses pétasses d’infirmières discuter derrière la porte. Elles m’entendent hurler, mais elles ne font rien. Je ne suis pas en punition bordel, je me suis fais tirer dessus, je suis attaché à ce foutu lit avec des menottes, alors qu’est-ce qu’elles ont à perdre outre un peu de calme de ma part en m’ouvrant la porte?

    La porte s’ouvre enfin. Quelqu’un entre et se dirige vers la fenêtre. Je me laisse retomber sur le lit. Soupirant de soulagement et respirant enfin avec facilité. À qui dois-je dire merci? La personne reste toujours de dos et avec la soudaine lumière dans la pièce je suis un peu éblouit, je ne parviens pas à la reconnaître. Sa voix toutefois me ramène immédiatement sur terre. Maybeth évidement. Comme si j’étais incapable de la reconnaître.

    « Pourquoi es-tu revenue? » demandais-je d’une voix plus sèche que je ne l’aurais voulu avec elle.

    Mais c’est simplement parce que je m’inquiète. Elle doit être la seule personne au monde pour qui j’éprouve de l’inquiétude. Elle ne devrait pas être ici. Pourquoi revenir dans cet enfer alors qu’elle risque constamment sa vie? Moi si je pouvais partir, je le ferais évidement. Mais elle, alors qu’elle a tout les droits sur la porte d’entrée. Qu’est-ce qu’elle fiche de nouveau ici?
    Mais je suis loin d’être idiot … Le déclic se fit rapidement dans mon esprit. Si bien que je sentis la rage m’envahir d’un coup, comme une décharge électrique.

    « Il est ici! C’est pour ça que tu es là, pour ton ordure de frère! » crachais-je furieusement en son intention.

    Songer à Jefferson, et à tout ce qu’elle m’a raconté à propos de lui … J’ai envi de gerber et surtout de tuer ce connard. Sauf que dans l’état ou je me trouve actuellement, cela risque d’être plutôt difficile de faire la peau à cet enculé. Je finis par me calmer, je sais qu’elle ne doit pas être bien si je suis en colère alors je fais mon possible pour reprendre mon état normal. Je me souviens finalement de la question qu’elle m’avait posée avant que je m’énerve. Je prends une grande inspiration et je lui réponds d’une voix plus douce :

    « Je n’ai pas mal. Je me sens beaucoup mieux depuis que tu as ouvert cette fenêtre, merci. » dis-je difficilement. Elle doit savoir que les excuses ou les remerciements ne sont pas dans la liste des choses que j’ai le plus de facilité à effectuer.
    « Tu vas me regarder un jour? … J’aimerais bien voir ton visage, à force de me l’imaginer je dois avoir oublié à quel point tu es belles… » dis-je d’une voix basse. Les compliments n’étaient pas ma force également, plutôt maladroit surtout, mais je faisais de mon mieux. Car je devais bien avouer que malgré ma colère à l’idée qu’elle soit ici, mon égoïsme est très heureux de la revoir…
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 20 Jan - 14:32

    Son ton sec ne me surprend qu’à moitié. J’ai disparu de la prison quelques semaines avant l’incendie. J’ai fait l’amour avec cet homme et je n’ai jamais redonné de nouvelles par la suite. Même après l’incendie. Il a pu croire que j’étais morte, qu’il m’était arrivé quelque chose de fâcheux. Et puis il sait que Jefferson est ici : il s’est peut-être imaginé les pires scénarios me concernant. Et moi je réapparais comme ça, tout bonnement, sous prétexte que je viens ouvrir une fenêtre. J’avoue que cela peut-être très déconcertant. Puis son ton, d’abord sec, devient littéralement mauvais et je dois serrer les doigts sur le rebord de la fenêtre pour ne pas bêtement me mettre à chanceler. Et je me dis finalement que c’était peut-être la peur de ce genre de réaction qui m’a retenue de le convoquer dans mon bureau pour le revoir. Carl n’a jamais été quelqu’un de très stable. Même que lors de nos premières rencontres, il me faisait plutôt peur. Alors que je me dis que j’aurais mieux fait de ne pas entrer dans cette pièce, il se remet à parler. Cette fois, il semble s’être adouci.

    « Je n’ai pas mal. Je me sens beaucoup mieux depuis que tu as ouvert cette fenêtre, merci. Tu vas me regarder un jour? … J’aimerais bien voir ton visage, à force de me l’imaginer je dois avoir oublié à quel point tu es belles… »

    Je me sens rougir, bêtement, comme une enfant et un fin sourire vient se perdre sur mon lèvres sans que je le veuille. Si j’hésite à me retourner, ce n’est plus par peur de le voir me mépriser. C’est par peur de n’être pas aussi belle qu’il le dit, et de le voir dans son visage. C’est étrange ce que peut vous faire un homme. Je ne m’étais jamais soucié le moins du monde de mon allure. Jefferson m’avait toujours fait me sentir comme une moins que rien et je voulais passer inaperçue. Mais maintenant … j’en suis à me demander pourquoi je n’ai pas mis un élégant tailleur plutôt que cette paire de jeans et ce t-shirt gris. Pourquoi ? Parce que je venais me chercher une boîte d’aspirines et m’étendre un peu. Carl n’était pas censé se trouver là.

    Je me tourne enfin, m’approche du lit et m’assois sur un petit tabouret. J’hésite un instant avant de toucher sa main. Je remarque alors le bracelet métallique qui maintient ses deux bras le long de son corps. Au diable mon vieux jean et ce t-shirt. J’imagine que lui aurait préféré se trouver en meilleur posture pour cette rencontre. Mon autre main, plus audacieuse que moi visiblement, va effleurer ses cheveux, les caresser un peu.

    -Tu te trompes, Carl. Je ne suis pas revenue pour Jefferson.

    Je soupire.

    -Quand ils m’ont rappelée, j’ignorais qu’ils avaient aussi rappelé la plupart des prisonniers. Je n’ai su qu’il était ici qu’après avoir signé mon contrat. Depuis que j’ai vu son nom dans les filières, j’évite tous les endroits où il serait susceptible de se trouver. Je n’ai absolument pas envie qu’il apprenne que je suis revenue.

    Je le précise parce que, connaissant Carl, il serait probablement capable d’aller voir Jefferson et de lui dire que s’il s’approche de moi, il le démolira, ce qui ne manquerait pas de mettre la puce à l’oreille de mon frère. Je fais boucler ses cheveux bruns entre mes doigts, distraitement. Ils ont poussé, depuis.

    -Je suis contente de te voir, Carl. De voir ton nom dans les dossiers, ça a été une surprise … un brin plus agréable.

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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 20 Jan - 15:19

    Lorsque se retourne, je ne peux m’empêcher de sourire. La voir, bien que je sois en colère de la retrouver ici, ce doit être ça qui m’empêche d’avoir mal, qui me fait oublier mes menottes, et qui aurait peut-être été capable de combattre la claustrophobie si elle s’était montrée avant. Dire que je ne suis pas amoureux d’elle serait me mentir à moi-même. Toutefois, je suis parfaitement conscient que c’est bien plus compliqué que de dire je t’aime Ici, je ne suis même pas certain d’avoir encore le droit d’aimer et je sais parfaitement qu’elle mérite mieux qu’un prisonnier qui doit passer le restant de ses jours enfermés dans l’une des pires prison au monde…Elle s’approche finalement de moi et vient s’installer sur le petit tabouret près de mon lit.

    -Tu te trompes, Carl. Je ne suis pas revenue pour Jefferson.

    Je ne répondis rien à cela, outre un petit grognement perdu. Je ne la crois pas, alors j’imagine qu’elle croit nécessaire d’ajouter autre chose, choix judicieux. Elle m’explique comment elle est revenue et comment elle a apprit plus tard que son frère était parmi les prisonniers. J’évitais de lui dire qu’il valait mieux que je ne tombe jamais sur cette ordure. Au risque qu’elle me déteste jusqu’à la fin de mes jours, je doute que je serais capable de me retenir en voyant cet homme qui lui a pourri l’existence.

    -Je suis contente de te voir, Carl. De voir ton nom dans les dossiers, ça a été une surprise … un brin plus agréable.

    Je laisse échapper un bref petit rire avant d’ajouter rapidement :

    « Tu es certaines de ne pas me souhaiter un meilleur sort que Sadismus? La prison où j’ai été enfermé était bien plus agréable que celle-ci… »

    Mon ton avait été un peu moqueur. Se rendait-t-elle compte que j’avais une furieuse envie de l’embrasser? Que je l’aurais probablement fait si j’étais capable de l’atteindre? J’avais beaucoup songé à elle, énormément d’inquiétudes surtout. Mais comme je ne l’avais pas revu depuis cette nuit là, j’avais osé espérer qu’elle n’était plus dans la prison lors de l’incendie. Mais tout de même, ne pas savoir ce qui lui était arrivée durant tout ce temps avait été une véritable torture. Ce qu’elle fait ici ne me revient toujours pas, mais sa main dans mes cheveux est si agréable que je préfère rester égoïste et apprécier sa présence… Celle qui me fera certainement supporter cet endroit encore un peu plus longtemps. Je l’observe, je ne sais pas si elle compte rester bien longtemps à mes côtés, j’ai des questions, j’ai envi de discuter avec elle, mais avant … Bien que cela me coute cher de lui demander, j’ai besoin de son aide. Je me laisse de nouveau tomber sur le lit, fixant le plafond tout en cherchant les mots justes. Demander de l’aide vient dans le même rayon que les excuses et les remerciements…

    « Guérie moi … enlève ça de ma tête … à chaque fois que je me retrouve dans ma cellule ou dans une pièce comme celle-ci, j’ai l’impression d’exploser. Je vais finir par en crever… »

    Et j’y crois vraiment … j’ai vraiment l’impression que je vais finir par mourir. Et crever à cause de ma claustrophobie n’est vraiment pas une mort comme je l’ai imaginée… Claquer à cause de mon cerveau, parce que je m’invente une peur impossible, non ça n’a rien de plaisant.

    « Fait quelque chose … n’importe quoi… » demandais-je d’une voix très basse. Pratiquement inaudible mais vu le silence de l’endroit elle a bien dû entendre. J’avale difficilement et je fixe un point invisible en prenant bien soin d’éviter de la regarder. Mais pour moi c’est une faiblesse, c’est honteux mais surtout, ça me donne l’impression d’être complètement débile. Et ça ne me plait pas du tout…
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 20 Jan - 20:14

    Son rire, bref, m’arrache un sourire. Dans tous les voyages que j’ai fait pendant ma période d’arrêt de travail, c’était ça qui me manquait le plus. Je n’avais connu cet homme intimement qu’une seule et unique fois mais ça avait visiblement suffit pour que je m’accroche à lui comme à une bouée. J’aurai toujours l’impression d’être un poids mort pour lui. Je n’avance pas, je stagne, je fais du surplace et ce depuis toujours, même si j’essaie de me convaincre que j’avance et que je fais des progrès. J’en ai fait. Je maitrise mes peurs. Je suis encore une femme terrifiée, mais je me contrôle. Ça fait maintenant plus de deux ans que je n’ai pas fait de crise d’hystérie. La dernière fois … J’ai tiré sur Jefferson. Je ne veux pas en refaire.

    « Tu es certaines de ne pas me souhaiter un meilleur sort que Sadismus? La prison où j’ai été enfermé était bien plus agréable que celle-ci… »

    Je souris. Ma main s’égare et vient effleurer sa joue, toucher sa barbe mal rasée.

    -C’est ma place. J’ai l’impression que tous ces gens ont besoin de moi. Et j’ai encore plus besoin d’eux. C’est le seul endroit où je peux … vraiment me sentir utile.

    Je sais que c’est idiot et qu’à la limite, je m’enfle peut-être un peu la tête. Après tout, qui suis-je pour dire que les gens ont besoin de moi ? Après tout, si je partais, ils n’auraient aucun mal à me remplacer. Les gens qui veulent venir ici sont rares, je veux bien en convenir, mais les gens compétents, qui peuvent faire le même travail que moi, il y en a des centaines, des milliers. Je ne suis absolument pas indispensable, à qui que ce soit. Mais comme pour démentir mes pensées, Carl me demande ce qu’il m’a demandé après quelques-unes de nos rencontres. Le guérir … Je ne demanderais que ça. Quand je l’ai rencontré, je me suis fixé cet objectif en tête. À l’époque je ne me faisais aucun faux espoir. Je savais que je pouvais le faire, mais que ce serait long, ardu, et que ça ne fonctionnerait que s’il y mettait du sien. Aujourd’hui, alors qu’il me le redemande, je me dis que je lui dois bien ça, de réussir là où d’autres ont probablement déjà échoué, à ses dépens à lui. Une thérapie, mal menée, peut servir à renforcer un traumatisme.

    « Fait quelque chose … n’importe quoi… »

    J’éclate de rire. Assez fort pour que les deux infirmières tournent la tête dans la direction de la chambre et cesse de parler. Puis quand elles ont détourné la tête et ont repris leur échange de potins, je me penche à l’oreille de Carl.

    -Qu’est-ce que tu veux, Carl ? Que j’entre avec toi dans un placard et que je referme la porte derrière nous ?

    Je dépose un baiser dans ses cheveux et me redresse après m’être attardé quelques fractions de secondes, n’ayant pas très envie que les deux conspiratrices ramènent leur regard dans notre direction. J’ai toujours un petit sourire aux lèvres, étonnée et amusée moi-même par ce que je viens de dire. Le regard que Carl me lance suffit à prolonger mon sourire. Je reprends sa main et la serre entre mes doigts fins. Sa peau est si foncée à côté de la mienne, blanche, presque translucide.

    -Je ferai tout ce que je peux pour toi. Je ne maîtrise pas l’art des miracles, mais j’ai soigné d’autres claustrophobes dans ma carrière.

    Bien sûr, je m’abstiens de te préciser que tu es le premier avec qui je me permets un tel rapprochement.

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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 20 Jan - 23:45

    -C’est ma place. J’ai l’impression que tous ces gens ont besoin de moi. Et j’ai encore plus besoin d’eux. C’est le seul endroit où je peux … vraiment me sentir utile.

    Je l’observe un moment. Je ne peux pas comprendre ce résonnement là. Je ne me suis jamais sentis utile pour qui que ce soit, bien au contraire. Je crois que cette différence entre nous deux n’aurais jamais pu me sauter aussi agressivement à la figure. Comme si je prenais conscience qu’elle était une jeune femme douce, fragile et attentionnée et moi … Un tueur sans états d’âmes. Je sors de mes pensées lorsque sa main vint frôler ma joue. Elle sourit, ce qui me fait me sentir encore plus mal. Je l’aime. Mais est-ce qu’elle est vraiment consciente de ce que je suis? Et ça, c’est une question qui me fait franchement peur de lui demander. Je change rapidement de sujet, allant vers ma claustrophobie même si c’est loin de me plaire d’en parler.

    -Qu’est-ce que tu veux, Carl ? Que j’entre avec toi dans un placard et que je referme la porte derrière nous ?
    Sérieusement? … Sérieusement?
    « Jamais! » m’exclamais-je soudainement, elle ne se prenait pas au sérieux, mais s’écoutait-t-elle? Mon regard était figé sur elle, j’étais soudainement très tendu. Et avec raison tout de même! C’était un plan suicide.
    « Enferme moi dans un placard, tu entendras ma réaction. Si tu es avec moi, je vais te blesser Maybeth. C’est très dangereux. » dis-je sérieusement. Je ne voulais surtout pas qu’elle ne tente une telle chose. Elle devait vraiment me prendre au sérieux car elle risquait sa peau. Je deviens un autre homme, bien plus agressif que je ne le suis habituellement, je ne me contrôle plus et j’ai tellement mal que je ne sais plus vraiment ce que je fais.

    -Je ferai tout ce que je peux pour toi. Je ne maîtrise pas l’art des miracles, mais j’ai soigné d’autres claustrophobes dans ma carrière.
    « Comment as-tu fais pour soigner les claustrophobes? » demandais-je, intéressé.

    Je crois que je manque de confiance. Je doute vraiment qu’elle ne parvienne à me guérir. Mais ça je n’oserais jamais lui dire… Il y a toujours quelque chose qui me trotte en tête, et peut-être est-ce le bon moment pour lui en parler, après tout, je suis attaché et pas très effrayant, comme cela peut-être me dira-t-elle réellement ce qu’elle pense.

    « Dis-moi … tu sais que j’ai vraiment fait ce dont je suis accusé… Que je mérite d’être ici. Je ne suis pas innocent… Tu le sais, n’est-ce pas? » demandais-je, le plus sérieusement du monde.

    Et bien je vais bientôt savoir ce qu’elle s’imagine ou pas. Peut-être que je me fais des idées, qu’elle est parfaitement consciente de l’homme que je suis. Mais peut-être qu’elle croit que je regrette, que je suis innocent même. Qu’elle ne croit pas possible que j’ai pu faire de telles choses. Disons simplement que j’aimerais savoir si elle sait que je suis une ordure ou si elle croit que ma liberté a été bafouée. C’est que … Je ne vois pas vraiment ce qu’elle me trouve. J’ai commis tellement de choses horribles dans ma vie et elle… Sait-t-elle réellement tenir une arme? Est-t-elle capable de dire des choses méchantes à quelqu’un? Elle est exactement tout le contraire de ce que je suis. Et c’est précisément ce qui m’attire autant chez elle… Je suis amoureux d’une sainte alors que je ne mérite que l’enfer… Je ne sais pas trop en quoi notre histoire aboutira, mais je suis capable de vivre l’instant présent et surtout, d’oublier le reste. Mais elle?
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Jeu 21 Jan - 10:36

    La réaction de Carl me prend un peu de court. J’aurais imaginé qu’il comprendrait qu’il s’agissait là d’une plaisanterie, bien qu’au fond, si son cas avait été moins sérieux, il m’aurait fait grand plaisir d’éprouver cette technique avec lui. Je me redresse sur mon banc, un peu déboussolée. Je ne suis pas naïve au point de croire que tout autour de moi est beau et qu’il ne m’arrivera jamais rien. Mais j’ai une entière confiance en cet homme et je doute sincèrement que même en état de panique il puisse me faire du mal. Appelez ça de la naïveté si vous le voulez. Moi tout ce que je sais, c’est que j’ai eu très peu de convictions durant cette vie, et que ma confiance en Carl en est une.

    « Comment as-tu fais pour soigner les claustrophobes? »

    Ce n’est pas très compliqué, en fait. J’ai reçu une formation en TCC, parce que la claustrophobie est un problème beaucoup plus courant que ce que l’on pourrait croire. C’est une phobie comme une autre, et ça se soigne très bien. Ce qu’il faut, par contre, c’est que le patient croit à sa guérison et je doute fortement que Carl croit en lui. Les seuls cas où ça ne fonctionne pas, c’est quand le patient ne met aucun effort.

    Mais autrement, ça se joue entre deux et cinq séances maximum. Et sans médication, ce que beaucoup de gens ont du mal à comprendre. C’est le problème à notre époque. De moins en moins de gens acceptent de consulter un psychologue parce qu’ils croient que des anti dépresseurs ou des calmants vont régler leur problème. Je n’ai rien contre les médecins, mais leur champ d’expertise est loin d’être le cerveau humain.

    « Dis-moi … tu sais que j’ai vraiment fait ce dont je suis accusé… Que je mérite d’être ici. Je ne suis pas innocent… Tu le sais, n’est-ce pas? »

    Je le regarde avec étonnement d’abord. Comment pourrais-je ignorer ce qu’il a fait ? Il est l’un des premiers prisonniers de qui l’on m’a mis le dossier sous le nez. Il était déjà considéré comme un cas à problème, à peine avait-il franchi les murs de cette prison. On me l’avait confié et je n’avais pas alors su quoi en faire. Au départ il m’effrayait. Sa rudesse et ses manières – de même que sa taille – me faisaient penser à Jefferson. J’avais épluché son dossier avec une grande attention. Si j’avais utilisé Carl pour me guérir de certaines de mes phobies … probablement. Alors je lui devais bien ce petit miracle.

    -Carl, ne va pas t’imaginer que je suis naïve s’il-te-plait. J’ai bien des défauts mais pas celui-là. Je sais qui tu es, je sais ce que tu as fait et je ne l’oublierai jamais. Ce n’est pas un saint que j’ai devant moi, mais un homme, qui vient avec son passé et ses histoires. Je ne suis pas non plus une sainte, crois-moi.

    Une petite voix à l’intérieur me fait remarquer qu’effectivement, si j’avais été une sainte, je n’aurais pas tiré sur Jefferson deux ans plus tôt. Si j’avais été une sainte,

    -Tu n’as pas la moindre idée de tout le bien que tu m’as fait. Je me fiche éperdument de l’homme que tu es ou que tu as été avec les autres tant qu’avec moi tu restes le même.

    Je détourne le regard, c’est tout à fait égoïste comme raisonnement, mais c’est la plus stricte vérité. Jefferson a toujours été un gentleman avec le monde entier et ça ne l’a pas empêché de faire ce qu’il a fait. Carl, lui, est peut-être un criminel mais il ne me ferait jamais le moindre mal. Je porte à nouveau mon regard sur lui et reprends, sur un ton plus professionnel :

    -Pour te guérir, j’ai besoin de seulement une chose. Ta confiance. Tu dois croire en toi, en moi, et faire confiance au processus. Je ne ferai jamais rien sans ton accord et j’agirai plus comme un guide qu’autre chose.

    Après tout, j’ai de l’expérience dans le domaine des phobies. J’ai concentré la majeure partie de mes études à me soigner moi-même.

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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Dim 24 Jan - 20:49

    Disons simplement que je ne plaisante pas avec ma claustrophobie. Je sais parfaitement à quel point je suis dangereux pour moi-même et pour les autres et j’ai l’impression qu’elle prend mon problème à la légère. Mais ce n’est qu’une impression, je me trompe peut-être. Je suis nerveux, je viens tout juste de me faire tirer dessus par un parfait emmerdeur que je ne connais même pas. Bref, ce n’est pas ma meilleure journée. Et si je savais à quel point elle me faisait confiance, je prendrais probablement peur…D’ailleurs j’ai eu besoin de mettre au point un petit quelque chose qui me tracasse. J’ai juste l’impression qu’elle ne me voit pas comme je le suis réellement. Dois-je lui rappeler que j’ai assassiné des gens? Froidement, sans le moindre remord? Je ne dis pas que je reprendrais mon boulot si je parvenais à sortir d’ici, non j’ai autre chose en tête. Mais cela étant que j’ai fais ce dont on m’accuse et que j’accepte la sentence. Du moins jusqu’à ce que je parvienne à m’échapper.

    -Carl, ne va pas t’imaginer que je suis naïve s’il-te-plait. J’ai bien des défauts mais pas celui-là. Je sais qui tu es, je sais ce que tu as fait et je ne l’oublierai jamais. Ce n’est pas un saint que j’ai devant moi, mais un homme, qui vient avec son passé et ses histoires. Je ne suis pas non plus une sainte, crois-moi.

    J’hausse les sourcils. Pas une sainte, et puis quoi encore? Ce n’est pas parce que l’on tire sur un dégénéré que l’on n’est pas un saint bordel… Mais je ne vais rien dire, je ne peux toutefois pas retenir un regard de désapprobation. Certainement parce qu’elle est la personne la plus sainte que j’ai rencontré.

    « Je ne crois pas que tu sois naïve… J’ai simplement l’impression que tu me vois mieux que je le suis. Mais je ne vais pas me plaindre. » dis-je en terminant avec un petit sourire amusé. Évidement qu’elle me voyait mieux que j’étais, mais ça elle ne l’avouerait jamais.

    -Pour te guérir, j’ai besoin de seulement une chose. Ta confiance. Tu dois croire en toi, en moi, et faire confiance au processus. Je ne ferai jamais rien sans ton accord et j’agirai plus comme un guide qu’autre chose.

    « Je crois en toi. » dis-je simplement, pour ne pas dire que je ne croyais pas en moi. Disons que j’avais plus confiance en elle qu’en moi, vu que c’était moi le claustro après tout. Il y avait tellement de choses que j’avais envi de lui dire en ce moment. Tout d’abord, faisons un petit effort …

    « Tu as laissé tes cheveux repousser, c’est joli. » dis-je simplement. Sincère, comme toujours. Si je ne trouvais pas ça beau, je n’aurais rien dit, c’est probablement ce qu’il y a de vraiment bien avec moi. J’étais sincère, en toute circonstances, ce qui pouvait évidement m’apporter également bien des ennuis.

    « Hm … Dis-moi, tu sais qui m’a tiré dessus au juste? Je crois que j’ai raté quelque chose … je retiens bien les visages et ce mec, je ne l’ai jamais vu de toute ma vie. » dis-je, visiblement dépassé. C’était la première fois que je me faisais tirer dessus sans connaître la raison de l’attaque. Il m’a dit que j’avais tué sa sœur… Possible, mais je ne voyais vraiment pas de qui il parlait. Ce n’était vraiment pas ma journée.
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Mer 3 Fév - 11:34

    « Je crois en toi. »

    Ça en fait au moins un, je songe. Quand je me suis lancée dans ce métier, j’étais loin d’avoir le soutien de tout le monde. Je n’ai qu’à penser à Jefferson, quand il est arrivé ici et qu’il a appris quel métier je faisais. Il ne l’a pas dit, mais je sais qu’il trouvait cela amusant. Il avait l’air de penser : « C’est ça, Maybeth. Sauve le monde entier et continue de te noyer. » J’ai avancé, c’est vrai. Mais je dois encore me débattre parce que je n’ai pas atteint la rive. Il me reste encore beaucoup de chemin à faire. Je souris tendrement puis sens mes joues se teinter de rose quand il me dit que je suis jolie, les cheveux longs. Je pensais à repasser chez le coiffeur pour les raccourcir. Je sais que je n’irai pas, maintenant.

    -Merci, je murmure, embarrassée.

    « Hm … Dis-moi, tu sais qui m’a tiré dessus au juste? Je crois que j’ai raté quelque chose … je retiens bien les visages et ce mec, je ne l’ai jamais vu de toute ma vie. »

    Cette question plus formelle me permet de me ressaisir quelques instants, d’effacer l’effet de la flatterie sur mes joues. Je lisse le tissu de mon jean sur mes cuisses en secouant la tête doucement. Cet incident est décidément un mystère. Les infirmières ont été incapables de me dire avec précision ce qui s’était passé : juste que le prisonnier Hyde s’était pris une balle de provenance inconnue. Je soupire. Ce dont je suis certaine, moi, c’est qu’il ne s’agit pas d’un prisonnier. Les détenus ne possèdent pas d’armes, et surtout pas des armes à feu. C’est contre le règlement. Et ça défierait la logique. Franchement, cette situation est très problématique.

    -On dirait que l’histoire se répète pour toi. Quoi que tu fasses quelqu’un semble décidé à s’acharner sur ton compte.

    Et c’est très malheureux. J’essaie de fouiller, de mémoire, le visage de mes différents collègues actuels. Il me semble qu’aucun d’eux n’aurait pu commettre un acte aussi gratuit. Il faut dire que je ne les connais pas encore très bien. La plupart, je ne leur ai pas même dit bonjour. Mais normalement je suis plutôt douée pour sonder les regards. Peut-être que je n’ai pas vu tout le monde, après tout. Ou peut-être que j’en ai reperdu pendant ces vacances forcées.

    -À quoi ressemblait-il ? je demande et reprenant sa main dans la mienne, par réflexe. Si tu le revoyais, tu serais capable de dire de qui il s’agissait ? Et est-ce qu’il a dit quelque chose ?

    Normalement je pèse mes questions et surtout, je les pose une à la fois. Cette situation m’agace. Carl, dans cette prison, est la seule personne qui réussisse à me faire sentir bien et je ne compte déjà plus le nombre de fois où quelqu’un a failli le tuer. Je ne peux m’empêcher de penser à Jefferson. S’il avait découvert, d’une quelconque manière, que Carl et moi avons eu une … aventure … il serait très capable de s’en prendre à lui.

    -Ce n’était pas Jefferson, au moins ..?

    J’ai prononcé ces mots avec hésitations. Oh par pitié. Faites que ce ne soit pas son œuvre.

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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Jeu 17 Juin - 9:17

    J’étais perdu, endoloris et je détestais cet endroit. Mais lorsque Maybeth se trouvait dans la même pièce que moi alors tout devenait soudainement bien plus agréable. Comme si elle était la solution à tous mes maux. C’était peut-être le cas. J’étais amoureux d’elle et c’était la première fois depuis si longtemps que je ne savais pas comment aborder la chose. Et puis après tout, je n’étais qu’un vulgaire prisonnier. Un vulgaire tueur, j’avais un lourd passé, je n’étais pas fréquentable et surtout je passerais le restant de mes jours ici. Si relation il y avait, elle n’avait pas le moindre bénéfice, et je ne pourrais jamais réellement être auprès d’elle. Ce n’était vraiment pas ce que j’avais imaginé pour mon avenir et pourtant j’avais envisagé la prison. Toutefois je n’avais pas cru que j’y resterais aussi longtemps. Je n’avais jamais eu peur de la mort et je la trouvais préférable à l’enfermement. Mais il y avait Maybeth … Je ne peux tout simplement pas me passer de sa présence. Elle venait de me rendre accro à elle et c’était une faiblesse. Mais vous savez quoi? Je m’en fiche, tant qu’il ne lui arrive rien à faire.

    -On dirait que l’histoire se répète pour toi. Quoi que tu fasses quelqu’un semble décidé à s’acharner sur ton compte.

    J’esquisse un mince sourire. Oui je n’ai jamais été choyé en prison. Claustrophobe et avec un tas d’ennemis. Mais je crois que c’est normal. Du moins, lorsqu’il est question d’avoir des ennemis.

    « J’ai tué des tas de personnes… Si j’ai fais une erreur un jour, alors c’est normal que j’en subisse les représailles… » dis-je d’une voix basse.

    Oui, je croyais fermement avoir pu faire une erreur dans le passé pour qu’un homme veule ma mort. Ou du moins me faire souffrir. À cette distance, n’importe quel imbécile aurait pu me tuer. Cet homme ne voulait pas me voir mort maintenant, il voulait jouer. Cette idée me fit froncer les sourcils. Si c’était le cas et que j’avais affaire à un gardien, alors mon séjour ne serait pas de tout repos encore une fois. Lorsque je tuais des gens je faisais un minimum de recherche sur leur cas. Je m’assurais que personne ne viendrait se venger par la suite. Visiblement j’avais oublié quelque chose, n’est-ce pas? Maybeth me demanda à quoi il ressemblait. C’était vague, je ne l’avais pas vu bien longtemps, mais je savais que je serais capable de le reconnaître si je le voyais.

    -Ce n’était pas Jefferson, au moins ..?
    « Ce n’était pas Jefferson. Si j’avais rencontré ton ordure de frère, je ne l’aurais pas laissé me faire la peau… » dis-je entre les dents, mon visage c’était assombri à l’entente de son nom. Je n’avais encore jamais rencontré cet homme, ce salopard que je savais déjà à quel point il me répugnait. Je ne savais même pas à quoi il ressemblait et j’avais le pressentiment que lorsque je me retrouverais devant lui, je saurais pertinemment qui il est et ce que je dois faire. Il était celui qui la détruisait à petit feu, si ce n’était pas déjà fait.

    « Ne reste pas ici … ou bien laisse moi tuer ton frère. » dis-je d’une voix basse et d’un air sérieux. Je sais parfaitement qu’elle n’aimera pas ma réflexion. Tant pis. Elle est en danger tant que son frère est vivant. Je ne supporte pas de savoir qu’elle risque sa vie. Oui, je m’attache de plus en plus à ce petit bout de femme. Mais je suis également capable d’être très rude avec les gens que j’aime le plus… Si elle est en colère elle n’a qu’à refermer la porte et la fenêtre. En somme, je suis bien mal placé pour parler…
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MessageSujet: Re: Pas encore mort [Maybeth] Dim 27 Juin - 11:57

    Je ne vois pas comment il peut sourire de sa situation. Si quelqu’un s’acharnait ainsi sur mon compte, je ne crois pas que je pourrais jamais sourire de la sorte, vivre comme Carl le fait, sans se soucier de ce qui est autour de lui, sans se soucier du danger. Mais en y réfléchissant bien, il y a bien quelqu’un qui s’acharne sur moi. Enfin, pas depuis longtemps. Il ne sait même pas que je me trouve ici, ce qui, pour moi, est une excellente chose. Je redoute ce qui se passera s’il l’apprend. Non. Quand il l’apprendre. Car ça n’est qu’une question de temps, au fond. La prison, c’est un petit monde. Tout le monde finit par être au courant de tout. Un jour ou l’autre, cette semaine ou le mois prochain, Jefferson saura que je suis ici. Mais j’ai confiance; je ne le laisserai pas m’avoir comme autrefois. D’ailleurs, je me suis sentie obligée de lui poser cette question. Est-ce que c’était Jefferson ?

    « Ce n’était pas Jefferson. Si j’avais rencontré ton ordure de frère, je ne l’aurais pas laissé me faire la peau… Ne reste pas ici … ou bien laisse moi tuer ton frère. »

    Je secoue la tête doucement et appuie un peu plus la pression de ma main sur la sienne. Je ne veux pas qu’il s’emporte, je ne veux pas que cet air sombre reste sur son visage. Je n’aime pas ce regard, je n’aime pas cette détermination que j’y lis, celle de détruire Jefferson. Je suis incapable de m’imaginer le monde sans la présence de mon frère. C’est peut-être malsain. Sans doute, en fait. Je sais que c’est malsain. Mais il a fait partie de ma vie, il est la partie de ma vie la plus importante. C’est lui qui a fait ce que je suis aujourd’hui, c’est lui qui m’a poussé dans ma branche professionnelle. Sans lui, est-ce que j’aurais des ambitions ? C’est une excellente question. Il paie déjà. Enfermé en prison pour le reste de son existence. Ça n’est pas à moi de le punir, ni à Carl. J’ai essayé de tirer quelque chose de mon frère. Je n’ai pas baissé les bras. Je travaille encore sur des études, des thérapies expérimentales. Tout me semble bon, puis quand j’essaie d’imaginer la méthode apposée à Jefferson … ça éclate en morceau. Il est trop intelligent pour se laisser mener par une thérapie.

    -Je ne vais pas partir d’ici. Il n’y aucun risque. Jefferson ne sait même pas que j’ai été rappelée, et s’il venait à l’apprendre, j’ai de quoi me défendre. Le temps que j’ai passé hors de la prison, j’ai fait une demande de permis de port d’arme. Je suis armée au même titre que les gardiens, et bien moins vulnérable, de fait. Ne cherche pas les ennuis avec lui.

    Je ne veux pas qu’il sache qui est mon frère. Je redoute le moment où il pourrait entendre son nom, lui bondir dessus et le tuer. Carl a déjà bien assez d’ennuis. Il ne faudrait pas qu’il se colle sur le dos le meurtre d’un autre prisonnier.

    -Et puis je ne pourrais pas partir. Pour toi, pour toutes les personnes qui ont besoin de moi. Mais aussi pour moi. J’ai besoin de chaque personne qui se trouve ici. Je n’ai jamais autant avancé que depuis que je travaille ici. Les deux années où la prison a été fermée, je courrais les coloques de psychologie et je ne tenais pas en place. Quand j’ai sur que j’étais rappelée, j’ai sauté dans le premier avion pour l’Allemagne.

    Ce que j’aurais aimé, c’est ne jamais quitter l’endroit, ne jamais perdre le contact avec mes anciens patients. Je ne pouvais pas m’expliquer l’attachement que j’avais envers Sadismus.

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Pas encore mort [Maybeth]

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