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Bienvenue Arzhela, au revoir Morelli... [ Philippe ]

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Arzhela Morelli
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MessageSujet: Bienvenue Arzhela, au revoir Morelli... [ Philippe ] Dim 12 Déc - 12:18



Philippe & Arzhela.
« Un bon Accueil ? »




        Cinq heures trente. Réveillée par une espèce d'alarme, je grognais. La cellule que l'on m'a attribuée se voit ouverte. Deux flics y poussent un gros malabar, menotté, et referme la cellule aussi sec, s'éloignant rapidement. Les lumières vives, allumées pour le coup, s'éteignirent brusquement. Noir presque total après l'aveuglante luminosité précédente. Les petites lumières rouges, devant chaque cellule, n'éclairaient pas grand chose. Je ne pouvais pas discerner les traits de cet homme qui venait de me rejoindre. J'avais juste eu le temps de remarquer son teint mat, ses muscles impressionnant, et une balafre encore à vif sur le côté droit de son visage. La blessure venait sans doute juste d'arrêter de saigner car je l'avais vue encore suintante. Avec un soupir, je me retourne, face au mur, avec la ferme intention de me rendormir. Si l'arrivant décidait de se coucher, il serait dans l'obligation de prendre le lit du bas. J'aimais être en hauteur et je n'allais pas changer les goûts pour un nouveau venu. Comme me le fait toujours si gentiment remarquer Valentine, plus têtue que moi, y a pas.

        Le silence perdurant toujours, j'en déduisis que je pouvais me rendormir sans être dérangée. Mais voilà. Les yeux à peine fermés, le malabar grogna quelques insultes tout bas, et s'assit sur le lit sans aucune délicatesse. Un soupir agacé sortit de mes lèvres. Il ne pouvait pas faire moins de bruit lui ? Puis le silence revint. Je refermais les yeux et commençait à replonger dans le monde des rêves. Je devais me lever à neuf heures ensuite, alors autant faire une bonne nuit, même si elle n'a pas été complète. Au moment où ma conscience se faisait moins alerte, le nouvel arrivant parla. Enfin, il grogna quelques mots.


        _ Hé... T'as pas un mouchoir ou autre ?
        _ Hm... Pourquoi ?
        _ T'occupes pas de ça... Files moi juste un truc.
        _ La moindre des choses, lorsqu'on réveille quelqu'un pour lui d'mander quelque chose, c'est d'lui expliquer. Alors accouches.


        Un long silence suivit ma réplique. Il allait sans doute abandonner. Ou bien s'il avait vraiment b'soin d'un mouchoir ou d'un bout d'tissu, il m'expliquerais. Un fin sourire étira mes lèvres en pensant que, soit j'allais pouvoir me rendormir, soit j'allais savoir la raison pour laquelle il désirait cela. Le lit bougea d'ailleurs. Il se levait. Face au mur, je lui tournais le dos de ce fait. Je ne pouvais pas voir ce qu'il faisait et sursautais donc lorsqu'il se saisit de mon bras avec fermeté. Sans paraître forcer, il me fit me retourner et j'aperçus son air menaçant grâce à la faible lueur rouge. Mais pas menaçant à cause de la balafre. Non. Réellement menaçant, un rictus mauvais scotché aux lèvres et le regard brillant de cruauté. Et il parla :

        _ Tu vas me filer un mouchoir oui ou non ?
        _ Pas tant que tu ne m'auras pas dit pourquoi.
        _ Écoutes gamine. T'es pas de taille à me refuser quoi que ce soit alors donnes moi un mouchoir bordel, ou je vais me servir moi-même mais j'prendrais p'tet pas qu'un mouchoir...
        _ T'as p'tet du muscle mon gars, mais moi j'ai un cerveau...


        Cerveau qui ne me servirait à rien s'il m'immobilisait. Surtout que sa poigne sur mon bras s'était considérablement resserrée, me tirant presque un gémissement de douleur. Il allait me broyer le bras si ça continuait. Mais il ne connaît pas mon entêtement légendaire. Même si je devais en mourir ou en souffrir énormément, je me tiendrais jusqu'au bout à mes idées et convictions. Il me tire un peu plus le bras, me faisant sortir à moitié de la couchette. J'avais le haut du corps dans le vide. Magnifique. S'il me lâchait, j'devrais trouver à quoi me rattraper et en vitesse avant de m'écraser par terre. Sans le vouloir d'ailleurs, ma main de libre se posa sur le bras qui me retenais pour me stabiliser. Mes cheveux cascadèrent dans le vide, couvrant à demi mon visage. Mais ce qui m'impressionna un peu, c'est que l'homme n'avait pas eu besoin d'une échelle pour arriver à hauteur de ma couchette. Même les gardiens devaient monter quelques barreaux de l'échelle pour avoir les épaules à hauteur du matelas. Lui, en étant simplement debout par terre, il avait presque la moitié du buste au-dessus de la couchette surélevée. Je ne lui laisse cependant pas voir ma surprise, me contentant de le toiser d'un air ennuyé.

        _ Tu ne feras jamais le poids contre moi ma jolie... Tu n'es qu'une femme après tout...
        _ Ah oui ? Parce qu'avoir quelque chose entre les jambes fait de toi un être divin ?
        _ Impertinente en plus... Dis moi... Sais-tu pourquoi je suis là ?
        _ Parce que tu n'arrivais pas à faire tes lacets ?


        Ma provocation s'était glissée hors de mes lèvres aussi naturellement que l'eau s'écoule hors du robinet. A aucun moment je n'ai pensé à ce qu'il pourrait me faire en représailles. Vu sa force et sa stature, il pourrait simplement me briser en deux, me broyer chaque os, faire un nœud avec mon corps, etc... Bref, il pouvait me faire mal, me tuer d'un seul mouvement. Mais au lieu de cela, il éclata de rire. Rire bref, rire amusé. Et cela me déconcerte autant que s'il lui avait soudainement poussé des ailes dans le dos. Je reste à le regarder, me soutenant d'une main sur son bras, alors qu'il se reprend. Je distingue deux cicatrices, l'une sur son arcade sourcilière gauche, et l'autre au travers de son nez. Et là, je peux nettement voir la balafre sur le côté droit de son visage. Elle s'étend de son œil à sa mâchoire. Un peu plus haut et il n'avait plus d'œil. Et cette blessure ne suinte plus seulement. Elle pisse le sang maintenant. Un liquide qui ressemble à de l'eau avec cette luminosité, mais qui est plus épais, plus chaud, et avec un odeur ferrailleuse. Alors seulement, mon regard ne quittant pas sa balafre, ma main qui me servait à me soutenir se glissa sous mon oreiller où gisait, plié et immaculé, le mouchoir que ma sœur m'a remis la veille. Avec précaution, je le déplie complètement, le repliant en deux seulement, et l'applique doucement sur le visage du type. Il m'observe, un sourire amusé aux lèvres, alors que je prend mille précautions pour ne pas aggraver cette blessure. Il lève sa main libre et l'applique par-dessus la mienne pour maintenir le tissu devenu écarlate. Je retire la mienne pour retrouver mon appui.

        Sans crier gare, il tire sur mon bras et me voilà qui glisse de la couchette, crispant mes doigts sur son bras pour m'y accrocher, mon corps chutant dans le vide. Me voilà maintenant à quelques dizaines de centimètres du sol, agrippée à lui comme à un rocher. Je décroche ma main et réduit l'écart entre mes pieds et le sol. Ouch. Deux dizaines de centimètres plus bas, pieds nus, je grimace un peu. Je n'ai jamais aimé la fraîcheur. Je lève les yeux vers lui. Pfiou. Il y a facilement quarante centimètres d'écarts entre nous. Il doit plafonner aux deux mètres et quelques alors que je n'ai même pas le mètre soixante. Je fronce les sourcils alors qu'il tiens toujours mon bras. Une étreinte moins brutale qu'il y a peu, mais tout de même de quoi me faire savoir sa force.


        _ Qu'est-ce que tu me veux au juste hein ? T'as eu ton mouchoir alors t'aurais pu me laisser finir ma nuit...
        _ Nan. J'aime la compagnie quand je dors. Et là-haut, je n'aurais pu me glisser facilement à tes côtés ma p'tite. Alors tu vas v'nir me tenir compagnie en bas.
        _ Et puis quoi encore ? Tu voudrais pas le p'tit dej' au lit tant que tu y es ?
        _ C'pas une mauvaise idée. Mais pas un p'tit dej' nutritif alors... Plutôt un p'tit dej' entre adulte...
        _ C'est cela... Rêve toujours mon grand.


        Sans plus faire cas de mes refus, il se glissa dans la couchette du bas, à peine assez large pour accueillir deux personnes, et mon bras suivit son mouvement malgré mes tentatives pour résister. Niveau force, il s'apparentait à un T-Rex. Et moi, à un vulgaire moineau. Je me retrouvais rapidement écrasée contre son torse. La couverture se rabattit sur moi et sa main lâcha mon bras pour s'enrouler autour de ma taille. Je soupirais, agacée, et essayais de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il sentait plutôt bon, ça je ne pouvais pas le lui reprocher. Mais je détestait l'idée de faire quelque chose contre mon gré. L'heure digitale affichée sur le mur affichait cinq heure et quarante cinq minutes. Un quart d'heure venait de s'écouler et je ne pensais pas pouvoir me rendormir de si tôt. Cependant, je replongeais assez rapidement dans le sommeil, son souffle et les battements de son cœur me berçant malgré moi. Sa chaleur corporelle compensait la chaleur perdue dont j'avais imprégné le matelas de la couchette du haut.

        Le lendemain, je me réveillais au son de rires étouffés. Ouvrant un œil, je grognais. Ce qui c'était passé cette nuit, enfin, trois heures plus tôt, n'était pas un rêve. J'avais bien face à moi un individu de sexe masculin, bâti comme un catcheur, avec un mouchoir à la main et une balafre sur le côté droit du visage. Le sang avait été en majorité absorbé par le mouchoir, mais lorsqu'il l'avait retiré, quelques gouttes avaient suffi pour former une croûte et des traces brunes autour. L'oreiller en lui-même portait également des traces de sang. En bougeant, je sentais toujours l'étreinte de son bras autour de moi, me maintenant contre lui comme un ours en peluche. Ce que je suis loin d'être. Je n'ai pas la carrure d'un ours, et je ne suis pas en peluche. Je me dégage assez facilement, me glissant sous son bras à la manière d'un serpent, et me redressais. Je poussais un autre grognement, de douleur cette fois-ci, alors que mon front venait heurter le montant métallique de l'échelle. J'avais oublié que j'avais fini ma nuit en bas. Un coup d'œil à l'heure m'apprit qu'il était neuf heures moins cinq minutes. Je bâillais, m'étirais, et me glissais hors du lit. Je portais un jean bleu délavé avec un débardeur écru, à bretelle large, et au décolleté carré. Rien de bien méchant quoi. Je me saisit de ma veste de cuir brun posé sur le dossier d'une chaise, enfilais une paire de sandalette noire à talon de cinq centimètres, et m'approchais des barreaux de la cellule.

        Trois agents attendaient là. Ils avaient l'air moqueur. Passant une main dans mes mèches rousses emmêlées, j'attendis qu'ils ouvrent la cellule. Ils me conduisirent dans une petite pièce non loin. La douche. Aucune issue sinon celle par laquelle je venais d'y pénétrer. Tout ou presque est en plastique. Le montant de la porte est bois, et le lavabo en céramique. Une brosse à dent jetable à la main, encore dans le plastique protecteur, et un dentifrice dans l'autre, Je m'approchais du lavabo. Faisant face au miroir, soigneusement protégé par une couche de plastique épais, je me brossais rapidement les dents avant de me dévêtir pour entrer dans la douche. La porte verrouillée de la Salle de Bain m'assurais une demi-heure de tranquillité. Passé ce délais, un automatisme déverrouillait la serrure et les flics pourraient entrer. Alors ma douche brûlante ne dépassa pas les vingts minutes. Pourtant, l'eau à température élevée qui ruisselait sur mon corps, effaçant les dernières traces du sommeil, me feraient un plus grand bien si elle pouvait durer une demi-heure de plus. Enfin. Fleurant bon le gel douche masculin, le seul qu'ils avaient pu me passer, je posais le pied sur le tapis devant la douche et me séchais rapidement pour remettre mes vêtements. Puis je finis de sécher mes longs cheveux roux. Je me brossais ensuite rapidement, avec mes doigts improvisés en peigne, et mes cheveux humide furent ramassés en une tresse roulée en chignon. Un élastique me permit de faire tenir tout ça alors que la porte se déverrouillait et qu'un agent pénétrait dans la pièce, avide sans doute de me trouver à peine sortie de la douche. Je lui offrit un sourire méprisant en retour à sa grimace déçue. Je trouvais son attitude complètement déplacée pour un représentant de la Loi.

        Sortant après lui de la pièce, je notais la présence de deux autres flics, une paire de menotte en main. Mon regard dériva vers la cellule où j'avais passé la nuit, l'heure indiquant neuf heures et vingt cinq minutes, et je vis que le malabar qui avait troublé mon sommeil était réveillé, assis sur la couchette à présente, aucunement gênée par la balafre qui le défigurait quelque peu. Il m'adressa un signe de la tête et clama haut et fort son nom :


        _ Ho poupée, rappelle toi du nom de Marco « Le Balafré », on sera sûrement amené à se revoir !

        Un sourire amusé se fraya un chemin sur mes lèvres alors que je glissais, d'un ton nettement plus au-dessous du sien, mon propre nom :

        _ Et toi, souviens toi de celui d'Arzhela Morelli. Car je ne pense pas que tu me reverra de sitôt.

        Et oui, à moins qu'il ne soit condamné à être envoyé à Sadismus, on ne se recroisera sûrement jamais. Tournant la tête vers les policiers agacés, je tendis obligeamment mes poignets, auxquels ils s'empressèrent de passer les menottes. Je fus tirée sans ménagement vers la sortie, sous les quolibets de Marco et des autres prisonniers. Ou plutôt, sous les remarques salaces des autres prisonniers et Marco qui se vantait d'avoir « fait des choses avec cette nana si bien roulée ». Sourire amusé de ma part, regard lubrique des prisonniers, et matage discret de la part des flics. Je sortis dehors, le soleil se levant à peine, et on me conduisit dans un van. Noir, vitre teintées, on pourrait presque penser qu'il s'agit de voleurs ou de kidnappeurs. Mais c'est juste le véhicule qui scellera les trente prochaines années de ma vie. Ou les dix prochaines si je me tenais bien. Je mis le pied à l'intérieur, précédée d'un et suivie de deux des agents, puis on m'indiqua la banquette à droite. Je m'y assis, entre deux agents, alors que le dernier se mettait face à moi. J'étais donc une si grande criminelle pour être ainsi entourée ? Cela aurait amusée Valentine et Julio. Mais il est vrai que quatre des personnes les plus proches du président Italien avaient été assassinées. Par moi selon les rapports officiels et mes propres « aveux ». Ou plutôt, selon mes instructions à un groupe mafieux. Mais en réalité c'était sur l'ordre de mon père. Rafaelo Morelli. Il allait avoir une dette envers moi, et ça, je ne l'oubliais pas. C'était peut-être mon paternel, mais ni lui, ni ma mère n'ont été très présents à la maison. Ils sont comme des étrangers. Ou comme des amis mais sans plus.

        Le véhicule démarra, et la route qui s'annonçait longue m'ennuyait d'avance. Depuis le nord de l'Italie, où j'ai été amenée hier après mon procès, jusqu'à Sadismus, située en Allemagne, il y en avait pour au moins quinze heure. Dix huit si l'on n'était pas très chanceux. Amplement de quoi m'ennuyer. On n'arriverais pas à Sadismus avant minuit et demi au mieux. Trois heures plus tard sinon. Toute une journée à passer dans ce van, avec de brèves pauses pour prendre de quoi manger et aller aux sanitaires. Magnifique. Vraiment splendide. Heureusement, ils prirent un McDrive et donc je mangeais donc des frites avec des nuggets pour midi, mais ils ne s'arrêtèrent que dans des endroits où les sanitaires féminins étaient vraiment en mauvais état. Le trajet se passa sans encombre sinon. Mis à part les remarques grivoises parfois, en référence à ce qui s'était dit le matin à la sortie du poste de police. La nuit tombait peu à peu. Je bâillais, assez peu discrètement, et fermais les yeux. Il devait être aux alentours de vingt-trois heures. La tête posée contre le revêtement plastique du van, je piquais du nez. Vraiment, je n'avais pas décroché un mot de la journée, et c'était ennuyant. Ma mâchoire était crispée à force de rester fermée. Ma tête se balançait selon les chaos de la route, mais jamais je ne la posais sur l'une ou l'autre de leurs épaules. J'ai une fierté moi. Ce n'est pas pour me reposer sur l'épaule d'un de mes geôliers sitôt que la fatigue se fait sentir.

        L'arrêt brusque du véhicule me réveilla. Le flic en face de moi se leva et ouvrit la marche, celui à ma droite le suivit en saisissant les menottes qui me liaient les poignets, alors que l'autre fermait la marche, me poussant. L'heure, que j'aperçus à la montre de celui juste devant moi m'indiqua une heure et demi du matin. Magnifique. Selon où j'allais être, j'allais réveiller ceux ou celles qui partageraient ma cellule. De quoi les mettre dans de bonnes dispositions envers moi, n'est-ce pas ? Rho... Fichus flics... Ils pouvaient pas réserver des places dans un avion, non ?

        Je sortis du van. L'air frais me fouetta le visage. Et me fit frissonner. Les portes face à moi étaient hautes et menaçantes. Les flics m'encadraient, comme si je voulais m'enfuir, alors que j'observais les alentours. Un paysage plutôt sombre, mais en même temps, il faisait nuit. Seuls les phares du véhicule, et les lumières éclairant les hautes portes de fer, illuminaient l'obscurité ambiante. On attendais. Quoi donc ? Qu'un gardien ou le directeur se pointe pour m'accueillir en ce lieu où je ne serais plus Arzhela Morelli, fille du ministre des affaires étrangères Italien. Je serais Arzhela Morelli, un numéro parmi tant d'autres. Que du réjouissant en fin de compte...


Dernière édition par Arzhela Morelli le Lun 20 Déc - 21:15, édité 2 fois
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Philippe Arther
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MessageSujet: Re: Bienvenue Arzhela, au revoir Morelli... [ Philippe ] Dim 19 Déc - 19:25

Les accords de l'orchestre symphonique de Vienne raisonnent, les cordes montent, bientôt les vents... Une sonate magnifique, qui prend malheureusement fin maintenant : 2 heures et 50 minutes. Du matin, évidemment, les quarts de nuit sont les moins emmerdants. En théorie, puisque qu'à exactement 3 heures est censé arriver la nouvelle pensionnaire que je dois escorter. J'ai vite fais jeté un oeil au dossier. Pas pour me familiariser avec, je ne regarde que deux choses : les crimes commis et le niveau de danger qu'il représente. Et si mes tripes me disent que ça colle pas, alors il peut m'arriver de m'attarder sur son passé. Une femme. On ne me refile beaucoup de femmes. Ils me prennent pour un homo, ça doit être ça. En même temps, je ne fais pas grand chose pour démentir.

Ce qui fait que je choisis la nuit, c'est en parti que les gens sont grognons. Ils n'aiment pas travailler la nuit, et par conséquent, ils font la gueule et je ne suis pas obligé de soutenir des conversations pour rechercher un but social évident auquel je n'aspire rien. Je suis seul, et ça me plaît. Je me complaît dans cette solitude : musique, lecture, cinématographie... avant, il y avait le sport. Fut un temps, où c'était machinal de m'entraîner, de garder la forme. Mais c'est fatigant, et c'est vite devenu chiant. Et le mieux, c'est que j'ai perdu de la masse, mais ça ne se voit pas. Je suis toujours aussi élancé qu'avant, personne n'a rien remarqué. Cependant, je me teste de temps en temps, car il faut que je sache rester professionnel. Pas qu'un jour un prisonnier réussisse à me baiser alors qu'en ayant travaillé un peu plus sur moi j'aurais pu éviter ça.

Je prépare ma clope, sortie de quelques centimètres du paquet. Toujours des Lucky, paquet souple. Descendre me prend 5 minutes, et évidemment, ces fonctionnaires ont 5 minutes d'avance. Jamais à l'heure, et je parie qu'ils ont même pas de formation pour ça. Je sors, la gueule enfarinée, les phares dans la gueule. Ça commence plutôt mal pour eux, j'aime moyen. Même au niveau de la sécurité c'est moyen, avec cet éclairage, je ne vois ni qui j'ai en face de moi, ni ce qui peut se passer. Heureusement, il y a Peter, à la régie. Je lui fait vite un signe de tête, et il comprend. Peter, il est cool, dans le genre pas chiant. C'pas un emmerdeur. Il a compris que je ne parlais pas beaucoup, et ça le dérange pas plus que ça. De temps en temps il me lâche un mot ou deux, et on fume ensemble aussi, je crois que ça rapproche. Je ne sais pas s'il est hétéro ou pas, ce qui expliquerait la chose. Bref, Peter, à la régie, il blinde l'éclairage. On y voit mieux qu'en plein jour maintenant : il y a la prisonnière. Comment je le sais? C'est la seul qu'est pas fringuée en carabinier. Italienne, hein?

Le paquet atteint ma bouche, la cigarette mes lèvres. Je le range, dans une poche, comme ça, comme d'hab'. Puis c'est le zippo qui fait son apparition, et la flamme. La flamme... elle est pas très lumineuse comparée aux spots de Peter. Un peu bleue, peut-être. Sinon on la distinguerait pas. Je tire une taff. Bon dieu, c'est quand même bon.
Encore une réaction récurrente : les autres gars savent pas ce qu'ils doivent faire. Ils ont un gardien, et visiblement c'est même lui qui devra réceptionner le colis. Mais ledit gardien prend son temps, fume, tranquille, s'en foutant un peu. Et ouais mon gars, on ne peut pas fumer à l'intérieur, du coup tu vas patienter une minute ou deux, le temps que je prenne bien ma dose de nicotine. C'est le scénario classique, mais ça passe rarement, car si les mecs sont gardiens, c'est qu'ils ont pas vraiment les moyens de faire autre chose. C'est là qu'intervient ma main droite. Dans ma main droite, il y a le dossier. Je l'ouvre, et fait mine de regarder dedans. Quand on prône l'administration, ça a le don de moins agacer les gens. C'est con, mais c'est comme ça, alors pourquoi est-ce que je ne m'en servirai pas.
Bon, quatrième taff, et les carabiniers commencent à s'impatienter, administration ou pas.

- Suis moi.

Je fais volte face. La phrase qui fait bander les autres gardiens, c'est le traditionnel et psychédélique : "bienvenue à Sadismus". Allez vous faire foutre les gars, c'est pas parce qu'ils sont repris de justice que leur QI peut pas dépasser le votre, ils le savent, où ils sont, et en général, les conséquences que ça implique. Les p'tites frappes, ou les portes-flingues miteux avec une philosophie de merde et un cerveau bridé, on en a pas beaucoup ici. On est plus du genre à avoir des psychopathes et sociopathes en tout genre capable de buter un mec rien qu'en se servant de la parole et en ayant compris les mécanismes qui régissent une personne, et ça, c'est une des apogées de l'évolution, d'avoir appris à lutter et à détruire son prochain. Ou alors des cannibales, des violeurs, des tueurs en séries... même les tueurs à gages qui finissent ici méritent qu'on s'attarde un peu plus sur eux que sur leur geôlier. Eux ils ont compris qu'ils pouvaient se faire plus de fric en flinguant des gars qu'en surveillant des délinquants. Après, il y a la morale... lumière ou terrible conséquence de la faiblesse de l'Homme?

- 841061. C'est ton numéro, ça remplace celui de la sécurité de sociale.

Et de deux. Si les carabiniers auraient pu croire que je ne maîtrisai pas mon allemand entre le "du" (tu) et le "ihr" (vous), c'est foutu. Je vous ignore les gars, ça fait comment de vous en rendre compte? En même temps, qu'est-ce que je peux bien en avoir à faire? Franchement, dans deux minutes, on se reverra plus jamais... tandis que le colis, il reste là longtemps en général. Je préfère travailler sur des éventuelles et hypothétiques relations sociales inter-professionnelles que du blablatage médiocre et inutile intra-pro. C'est logique, c'est rationnel, et pourtant, ça va vous frustrer.
Ils lui enlèves les menottes, quand je lui fait signe d'entrer dans la salle. C'est carreler, bien illuminer, à côté du vestiaire d'entrée. C'est Philip qui les prend en charge ensuite. Papiers, réception des affaires personnelles du colis, civilité avec les autorités qui ont fait le déplacement, etc... ce genre de connerie. Il est bon à ça, mais il croit que j'approuve ça façon de penser avec sa queue parce que je ne réponds rien quand il ma parle. Si je lui répondais, il me tuerait, ou alors il m'insulterait. Une chaise plane au milieu de la salle, et on entend même la petit ventilo aérateur. Il y a une douche dans un coin, aussi. Ouverte, évidemment. Quand on est dans une prison où il n'y a pas de tendre, pas de cadeaux. C'est un femme qui devrait être à ma place, mais elles refusent de travailler la nuit. Ce sont des gardiens, qu'elles ont peur. Je ferme la porte derrière moi.

- Ton nouvel uniforme ainsi que tes nouveaux sous vêtements sont sur la chaise. Tu peux prendre une douche avant. La mauvaise nouvelle, c'est que je dois rester à l'intérieur de la salle, la bonne : est-ce que tu fumes?

Je lui tend mon paquet et mon zippo, attendant la réponse, ou l'absence de réponse. Le message est assez clair. Tu dois finir à poil devant moi tôt ou tard. Non pas que ça me plaise, c'est le règlement. Dans une prison, c'est normal d'être à cheval sur la sécurité, dans une prison comme Sadismus. Désolé pour toi. D'un autre côté, il y a une caméra, donc de toute façon tu es en direct live. Seulement la caméra est mal placée, elle laisse deux angles morts où un gardien peut infliger ce qu'il veut au colis. C'est pour ça qu'on fout un type qu'on croit homo, même si je préfère dire "plus professionnel" ici. La cendre commencer à se faire assez longue sur la devanture de la clope que j'ai en bouche. Elle a intérêt à répondre rapidement, je veux la faire tomber.
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Arzhela Morelli
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MessageSujet: Re: Bienvenue Arzhela, au revoir Morelli... [ Philippe ] Lun 20 Déc - 9:31

        Un soupire s'échappe, puis un autre. La discussion que les agents m'entourant ont entamée m'ennuie au plus haut point. Ils parlaient de foot. Encore. Quel était l'intérêt de shooter dans une baballe hein ? Si quelqu'un possède une réponse plausible à ça, je veux bien en être informée. En attendant, savoir qui a tiré où, c'est pas c'qui a de plus passionnant. Et les v'la parti à moitié s'insulter à voix basse, préférant telle ou telle équipe, médisant de tel joueur ou tel pays... Un nouveau soupir s'échappe de mes lèvres. Vivement que le gardien arrive hein. Le gardien ou la gardienne d'ailleurs. Ce n'est pas un métier exclusivement masculin ça.

        Mes yeux s'attardent longuement sur les portes en fer, éclairées par l'éclat flavescent des phares. Trop lumineux sans doute puisque l'acier réfléchissant la lumière, je suis moi-même aveuglée partiellement. J'imagine même pas la tête du gardien lorsqu'il va sortir. Et le pire, c'est que les trois flics ont l'air de s'en foutre royalement. Même lorsque la porte s'ouvre et laisse passer une silhouette. J'en ai mal aux yeux pour celui ou celle qui est face à nous. Tiens, d'ailleurs, il ou elle devait aussi avoir mal aux yeux car la lumière venant de la Prison se renforce, annulant l'effet des phares. Et je peux maintenant voir que c'est un gardien. Un paquet de clope à la main d'ailleurs. Comme s'il avait attendu de sortir pour en griller une. Mais peut-être que c'était le cas, peut-être qu'il n'y avait pas le droit de fumer à l'intérieur... De toutes manières, qu'il y ai droit de fumer ou pas, peu m'importe. C'est pas comme si j'étais allergique à ça. La fumée ne me dérangeait pas le moins du monde. Mais la dernière fois que je m'y suis essayée, sous l'impulsion de Julio et de Valentine, j'en ai presque craché mes poumons. et bon, soyons honnête, j'ai bien envie d'les garder ces deux p'tits trucs en moi qui me permettent de respirer.

        Les agents autour de moi on cessé leur discussion. Merci à l'instance supérieur qui a envoyé le gardien. Enfin, façon de parler. J'suis pas croyante. J'emmerde même les religions, préférant avoir la foi dans le fric de ma famille et dans mon frère et ma jumelle. Et dans le chocolat aussi. Le reste, c'est le reste quoi, c'est dérisoire. Mais j'm'égare. Donc, les flics ont arrêté de parler. Ils fixent le gardien comme s'ils attendaient qu'il fasse un tour de magie. Et le tour de magie, c'est qu'il me fasse disparaître à l'intérieur j'suis sûre. Oh, j'suis pas voyante, mai si vous voyiez l'entrain avec lequel celui à ma gauche me sert le bras, réprimant sans doute l'envie de me balancer dans les bras de ce gardien, je suis sûre que vous l'auriez deviné.

        Cela dit, je ne peux qu'applaudir cet inconnu qui prend le temps de fumer sa clope, ne se souciant que moyennement de mes geôliers. Ahah, ça leur fait les pieds d'être ainsi obligé d'attendre son bon-vouloir. Eux qui se croient tout puissants au poste de police. Ils enragent de le voir ainsi prendre son temps, ouvrir calmement le dossier et jeter un coup d'œil à l'intérieur. Ou du moins, donner l'impression de relire quelque chose. Ayant été en quelque sorte la "secrétaire" de mon père, je savais reconnaître ceux qui, vraiment, cherchaient une information dans un dossier, le lisant avec attention, de ceux qui ne faisaient qu'avoir l'air. J'étouffais un ricanement. Cela n'aurait pas été de bon ton de ricaner alors que je suis sur le point d'être enfermée pour minimum dix putains années de vie. Ce serait même plutôt étrange. Voir malsain.

        Mais heureusement, je n'eus pas à réprimer plus de ricanement car il m'intima de le suivre. encore une fois, en ignorant joyeusement les flics qui m'entouraient. J'aurais pu rire, dans d'autre circonstances, de la frustration que ressentait celui qui maintenant mon bras gauche. Mais le moment n'était pas propice. J'obtempère donc silencieusement. Je mémorise aussi le numéro qu'il me donne. 841061. Parfait, je l'ai. Lorsqu'il fait un signe, m'indiquant de rentrer dans la pièce, j'attends que les flics me retirent les menottes, docilement, et je m'exécute. De toutes manières, à quoi cela servirait-il de résister ? J'avais une peine de trente longues années. Mais si je me conduisais bien, je pourrais sortir au bout de dix. N'était-ce pas une chance ? Pourquoi tout gâcher dès mon arrivée, hein ?

        Une fois dans la salle, je l'entends qui referme la porte, laissant les agents à l'extérieur. Ils vont retourner dans le van et vont retrouver leur jolie petite vie bien tranquille. Quant à moi, je vais essayer de m'adapter. Je pourrais peut-être y arriver, qui sait ? Mon regard fait le tour de la pièce. Il s'arrête sur la chaise un instant. Si c'est là que les gardiens attendent les nouveaux détenus, ils ne doivent pas être confortablement installés hein... Puis mon regard dérive sur la douche, dans le coin de la pièce. Légère grimace. Elle est ouverte. Je n'aurais donc pas, apparemment, la même possibilité que ce matin (ou hier matin, tout dépend si on tient compte de l'heure ou non), à savoir pouvoir me doucher tranquillement sans craindre les regards extérieurs.

        Je jette un autre coup d'œil sur la chaise, lorgnant les vêtements d'un air sceptique, mais ne disant rien. C'est vrai que nous sommes en prison... Pourquoi ais-je pensé que je pourrais conserver mes fringues hein ? Ridicule. Enfin, soit. Je jette un autre coup d'œil vers la douche, puis mon regard se pose sur le gardien. Il me propose une cigarette. Un rictus amusé se fraye un passage sur mes lèvres, mais je décline poliment, le remerciant tout de même.


        _ Non, je ne fume pas. Mais merci de demander...

        J'ai parlé dans un allemand presque parfait. Seul mon accent italien dénotait que ce n'était pas ma langue maternelle. Tout comme le français d'ailleurs. Ou l'anglais. Quelque soit la langue que je parle, même maîtrisée parfaitement, mon accent italien ressort. J'ai également secoué la tête doucement, refusant tout aussi poliment de prendre une clope. Comme dit avant, je préfère ne pas tousser mes poumons, ils peuvent m'être utiles... Pour respirer par exemple... Avec un nouveau soupir, je me tourne vers la douche. Mon regard la détaille, puis fait le tour de la salle une nouvelle fois. Ah, caméra. super. Non seulement il n'y a pas d'intimité, mais en plus tout le monde pourrait en profiter. Heureusement que je n'ai pas à me plaindre de mon corps. Je ne suis pas pudique d'ordinaire, mais j'aime avoir mon intimité. Bon, là, c'est raté. Alors autant faire contre mauvaise fortune bon coeur...

        Je me baissais, retirant mes sandales d'un geste souple, et les posaient près de la chaise. Puis, me relevant doucement, j'ôtais ma veste, la déposant sur le dossier de la chaise. Mes gestes étaient, non pas lent comme insupportablement lent, mais avec une vitesse calculée. Ni trop vite, ni trop rapidement. Puisque j'étais obligée de me retrouver nue devant lui, et à plus forte raison devant la caméra, pourquoi ne pas leur en mettre plein la vue hein ? C'est donc avec un sourire tout ce qu'il y a de plus neutre, du genre la Joconde, que je me mit de profil pour ôter mon débardeur, le passant par dessus ma tête avec cette grâce que je mettais un point d'honneur à avoir lorsque j'entreprenais une quelconque entreprise de charme, séduction ou juste attirance, puis je déposais le débardeur par-dessus la veste. mes doigts vinrent dégrafer habilement mon jean, et je le fis glisser le long de mes jambes comme si ce n'était qu'un simple drap raccroché à ma taille. Le petit mouvement de hanche en plus afin d'attirer les regards sur mes courbes, bien entendu. Lui-aussi rejoignit le dossier de la chaise. Maintenant en sous-vêtement, je prit le temps de jeter un coup d'œil à la caméra et au gardien avant de glisser mes doigts dans mon dos, souplement, et d'ôter mon soutien-gorge couleur écarlate. Assortit à ma couleur de cheveux et au boxer que je portais. Boxer qui ne tarda pas à rejoindre les autres vêtements sur la chaise. Une dernière manipulation était nécessaire avant que je passe sous la douche pour me débarrasser de la légère sueur d'une journée passée sur la route. Je glissais mes doigts sur mes cheveux, retirant l'élastique, et défaisant habilement la tresse. Mes cheveux roux étaient maintenant relâchés sur mes épaules.

        D'un pas léger, sans malaise, je me dirigeais vers la douche. Un gel douche traînait sur le bord. Dans une bouteille sans aucune indication. Bof, sans doute un gel douche masculin plutôt masculin encore. Pas comme si j'avais le choix de toutes manières. Je fis couler l'eau, m'écartant par réflexe alors que le jet était glacé, et j'attendis qu'il se réchauffe. Bon, la température n'était pas très élevée, mais tiède c'est mieux que rien. Je frissonnais tout de même en me glissant sous le liquide à température plutôt basse. L'eau coula sur mon corps comme sur une cascade, ruisselant et se perdant dans mes cheveux avant de descendre dessiner mes courbes. J'arrêtais le jet le temps de me savonner, prenant délibérément mon temps, mais frissonnant de plus belle. Mes cheveux également n'échappèrent pas à un savonnage en règle. Et je repris place sous l'eau, qui est passée de tiède à fraîche d'ailleurs, pour que le gel douche quitte ma peau, me laissant propre mais grelottante. C'est avec un réel plaisir que je m'emparais de cette serviette de taille moyenne qui traînait à côté. Heureusement qu'elle était propre, sinon la douche n'aurais servi à rien. Je m'enroulais dedans, coinçant le bout sous l'une de mes aisselle, et entreprit d'essorer mes cheveux. Tâche fastidieuse lorsqu'il n'y a pas plusieurs serviettes à ma dispositions.

        Je réussis tout de même à les essorer suffisamment pour que je puisse me sécher rapidement et enfiler cette nouvelle tenue qui serait la mienne durant les prochaines années. Bon, ce n'était pas très élégants, mais ça suffirait. Heureusement pour moi, ils n'étaient pas informes non plus ces nouveaux vêtements. Et même plutôt près du corps sans être moulant. De quoi me conférer un charme nouveau sans doute... La serviette prit place dans ma main de nouveau, essorant de son mieux la cascade carmine qui me servait de chevelure. Je ne les rattachais pas ensuite, me tournant vers le gardien avec un air interrogateur.


        _ D'autre formalités ?

        Je n'étais pas désagréable pour une fois, prenant à coeur cette envie de sortir au plus tôt d'ici. C'est d'ailleurs pour ça que j'avais juste usé de mon charme physique lors de la douche, et non pas de mes attitudes aguicheuses pour le provoquer ou l'attirer. Je ne voudrais pas que l'on m'accuse en plus de tentative de corruption envers un gardien...
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Philippe Arther
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MessageSujet: Re: Bienvenue Arzhela, au revoir Morelli... [ Philippe ] Mar 28 Déc - 16:10

Elle avait dénigré ma cigarette. La cigarette du prévenu, où, dans ce cas, de la prévenue. Bon, c'est une pièce aérée, et en plus j'ai le mérite d'être dans un coin mort, c'est donc à moi que reviens la cigarette de la prévenue. Tant mieux. Je m'en allume donc une deuxième. La pièce est grande, et je ne pense pas que l'odeur du tabac et de la nicotine arriveront à passer l'espace qui me sépare et de la douche, et du colis. Au pire, l'humidité et les lotions (s'il y en a, je ne me suis jamais vraiment posé la question) devraient faire barrage. Je range mon paquet et mon briquet, et m'accroupis en fumant. Elle est trop loin pour tenter quoi que ce soit avant que je n'aie pur réagir. Les gens croient souvent qu'en étant accroupi, on est en position de faiblesse, je ne vois pas pourquoi. Si elle attaque, j'ajoute la puisse de la détente de mes jambes à celui de mon poids pour lui rentrer dedans, et si elle veut me lancer quoi que ce soit, la cible est réduite, et réactive par la même puissance de détente. Et en plus, ça me détend, mais je garde le tazer à portée de main.

De son côté, elle ne semble pas trop préoccupée de se dénuder devant un homme... je dirais même qu'elle est en train de m'allumer. Moi et la caméra... Ses gestes sont calculés, sensuels, et la déshabille magnifiquement bien. C'est d'ailleurs en train de me faire penser que la dernière copine remonte à loin. En même temps, faudrait que je sorte, et à part pour m'acheter des clopes. En y pensant, ces derniers mois, j'ai quand même du accumuler pas mal de pognon, pour ce que j'en dépense. Je passe mon temps ici. Elle entre finalement dans la douche, complétement nue, après avoir détacher une déferlante rousse sur son visage, et je la vois nue, en train de se laver... c'est une femme qui devrait être à ma place. Mon talkie crépite, et c'est Peter que j'entends.

- Dis moi Arther, elle est vraiment rousse partout?

Heureusement pour Peter, et pour moi aussi d'un côté, l'eau de la douche couvre les bruit du talkie, et une odeur de gel douche neutre (qui s'apparente à ce qu'on trouve dans les hôtels) vient contrer celle de ma cigarette. Il ne reste plus qu'à espérer qu'elle n'a pas entendu Peter le poète. Le bon côté de cette remarque salace et désobligeante qui vient faire tâche dans ma pause clope agrémentée d'un spectacle enclin à la poésie, c'est que c'est une femme qui se trouve derrière la caméra, ce qui explique que Peter me le demande à moi et non au poste de commandes. Un sur deux, c'est mieux que rien.

- Et Arther, t'as pas envie qu'on échange nos places. Pour... disons 200 €.

- Va te faire enculer Peter.

La répartie est vide, mais elle rentre dans le schéma de virilité ainsi que dans la classe d'hommes et de machisme à laquelle appartient Peter. Il comprendra qu'il doit me lâcher, sans pour autant prendre l'insulte à la lettre. À force des les fréquenter, de les observer, j'en apprends leur manie. C'est psycho ou socio que j'aurais du faire. Mais s'il est près à payer une telle somme, ce n'est pas que pour mater. Et je ne peux même pas le balancer sans remettre des conventions sociales en jeu. Deuxième cigarette finie. Je les fume vite, un peu trop. Je jette le mégot dans une grille, et passée les barreaux, il s'en va rejoindre le réseau d'égouts de la prison, et qui sait s'il rencontrera en chemin les eaux qui ont servi à laver la nouvelle pensionnaire de Sadismus Jail.
Plus de cigarette, plus d'eau. Elle s'habille, encore une fois, sans pudeur. C'est quelque chose d'assez courageux, à moi d'assurer ensuite en évitant de tomber sous son charme. Je ne dois plus la quitter des yeux, et lui fait signe de se retourner pour lui passer les menottes. Quand on se déplace, on attache le détenu. Je sors mes menottes de leur pochettes en cuir, et les lui passe. Pas de traitement de faveur, elles sont serrées. Si le prisonnier a mal, c'est que l'entrave est utile et il aura d'autant plus de mal à s'en débarrasser.

Un petit signe de tête suffit pour lui faire signe de passer devant, et je lui pose la main sur le bras gauche, la guidant à travers les couloirs de la prison. On arrive bientôt dans l'aile des prisonniers, après une succession des bruits habituels à chaque passage de secteur : le bruit des portes qui s'ouvrent et se referment, se verrouillant dans un bruit électronique. Elle a même le droit à quelques cris qu'on entend au loin, et sinon, le calme et le bruit des néons. C'est la parade de Sadismus. On arrive enfin dans le quartier des cellules. Les portes s'alignent, et les prisonniers sont calmes. Cellule numéro 1, terminus. Je la place au centre de la cellule. Son codétenu, 645987, n'est pas là. Je la fouille au corps, encore une procédure, ce qui ne m'empêche pas de le faire avec beaucoup de minutie. D'habitude, ça me gêne un peu... là un peu moins, je me dis qu'avec l'absence de pudeur avec laquelle elle s'est dévêtue, elle ne doit plus être à ça près. Je tente néanmoins de rester le plus professionnel, car ce peut aussi être la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Maintenant, je vais lui dire ce qu'elle sait sans doute déjà au vue de la seule couchette défaite de la cellule, j'aurais au moins le mérite de la renseigner sur son sexe.

- Tu n'as qu'un seul codétenu : 645987.

Je lui enlève les menottes, et les range dans leur pochette en cuire, sur ma ceinture de fonction. Les choses sont faîtes pour être exécutées de la meilleure façon, et optimisée pour être sorties le plus rapidement possible. Avant que je parte, je lance la p'tite question sympathique. Je devrais lui dire que si elle a un problème, elle doit s'adresser au gardien en chef, au toubib ou au psy, mais ça ne servira pas à grand chose, et elle s'en foutra probablement.

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