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Le commencement de la fin {PV Maybeth Greene}

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Lorelei Esmay
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MessageSujet: Le commencement de la fin {PV Maybeth Greene} Jeu 4 Nov - 9:07

Je m’étais toujours dit - en tout cas, depuis que les ennuis avaient commencé - que si un jour je devais entrer en prison, je cesserai de parler. Je me disais que le mutisme était certainement la meilleure manière de résister à ce que Erving Goffman appelle « les institutions totalitaires » : me taire à jamais, c’était créer en moi un espace intime et privé, que jamais aucune autorité ne pourrait me prendre ou piétiner. En contrepartie, jamais je ne pourrais m’exprimer auprès de mes homologues prisonniers… Mais n’était-ce pas un mal pour un bien ? Qui aurait envie de discuter avec des meurtriers et des cinglés ?

*Moi.*

Oui, bon. Moi, j’en aurais certainement envie. Mais j’étais convaincue qu’à l’instant même où je le ferais, leur condition misérable me ramènerait à la mienne, et alors, je serais foutue ! Engloutie dans la réalité de la pauvre vie merdique que j’allais mener d’ici-là. En même temps, sait-on jamais si je n’allais pas trouver une personne qui pourrait éveiller mon intérêt au point de me faire oublier mon ennui. Je pourrais toujours feindre la folie, pour me retrouver dans un bel asile psychiatrique, dressé dans un cadre de verdure. Sinon, il me restait toujours l’autre solution…

- Bougez vos fesses, bande de feignants !

On était arrivés ? Déjà... Je me laissait bousculer hors du car et mener plutôt rudement à l’entrée de mon futur nouveau chez moi, non sans avoir réprimé un soupir. Je le sentais déjà, je n’arriverais pas à la fermer. Mes belles résolutions tombaient déjà à l’eau. Et il n’avait suffit que de quelques minutes pour que je me retrouve confrontée à ma faiblesse. L’humiliation, les processus de dépersonnalisation,… ça, je pouvais endurer. Mais la stupidité, ça s’avérait être autrement plus compliqué.

Les prisonniers s’étaient mis en rang, moi incluse. On n’était que trois, alors on n’avait eut droit qu’à deux gardes pour nous surveiller. Et après nous avoir fouillés pour la n-ième fois, il nous dirent d’attendre que quelqu’un vienne nous chercher.

Mon calme me surpris. Je devais être sacrément blasée de la vie pour être aussi sereine et aussi neutre. Au fond, je devais savoir que cela terminerait ainsi : j’avais accepté les règles du jeu et j’avais perdu…

- Lorelei Esmay…

*Quoi ?*

- Il y a quelqu'un pour toi. Avait continué le garde, avec un sourire carnassier qui ne présageait rien de bon. Était-ce parce que la personne en question était particulièrement désagréable ou bien, parce que cet idiot se réjouissait de ce qui allait m'arriver à partir de maintenant ? Sans le regarder, j'avais avancé d'un pas, le visage aussi expressif qu'une saucisse.

*Aller, qu'on en finisse.*


Dernière édition par Lorelei Esmay le Mer 10 Nov - 6:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le commencement de la fin {PV Maybeth Greene} Ven 5 Nov - 14:01


    Je ne suis plus à mon aise ici. J’ai tout perdu. Tout d’un coup. Il a suffit qu’il pose à nouveau ses mains sur moi pour que je m’effondre comme un château de cartes. Tout. Tout ce que j’avais réussi à édifier, ma confiance, ma force, mes ambitions … Tout a fichu le camp. Je ne suis plus rien. Je ne suis plus Maybeth Greene, psychologue de talent dans la prison de Sadismus. Je suis Maybe, fillette effrayée qui peine à regarder le monde en face et qui vit dans l’ombre de son frère. Je n’ai pris personne en consultation depuis une semaine, depuis l’incident. Je ne vis que dans le regard de mon frère. J’ai essayé de voir mes patients. Ça a été un désastre. Moi. Moi qui ai toujours su garder mon sang froid et mon professionnalisme, j’ai fondu en larmes comme une enfant. J’ai du tout arrêter. Bafouiller des excuses. Sean dit que j’ai besoin de vacances en dehors de la prison. Mais je ne veux pas partir. Ce sont les murs de cette prison qui me maintiennent debout. Il m’a mise au repos forcé – pas vraiment forcé – pendant une semaine. Aujourd’hui, je me force à reprendre contact avec mon travail. Enfin ça n’est pas réellement mon travail d’accueillir les prisonniers. Disons que je reprends contact avec le monde. Tranquillement. Une journée à la fois. Une personne à la fois. Un pas à la fois. Rien de trop brutal. C’est ce que j’aimerais. Mais alors que j’arpentais les couloirs de la prison, tout me semblant tranchant, effilé, dur et froid. Les murs de pierre que je connaissais par cœur, je les regardais avec un écœurement nouveau. Les gardiens qui m’ont saluée me donnaient tous l’impression d’être des géants et d’avoir une voix beaucoup trop forte. J’ai pensé rebrousser chemin. Je me suis arrêtée. Non. On m’attendait. Je devais y aller. Ça n’était pas compliqué. Retrouver la détenue. La mener à sa cellule, retourne me terrer dans ma chambre si j’en ai envie.

    Alors me voilà. Trois détenus sont alignés près de l’entrée. Il n’y en a qu’une pour moi. Je me fais la réflexion que tout dépendant du pays et de l’établissement qui nous envoie de nouveaux détenus, les manières et les méthodes des gardes sont différentes. Je demande d’une petite voix la mienne au garde le plus près. Il l’appelle. Elle avance. Elle est un peu plus petite que moi, mais j’ai l’impression de me trouver devant une géante. Un réflexe idiot me fait reculer d’un pas.

    -Ça va mademoiselle Greene ? Vous vous sentez bien ?

    Je hoche la tête, l’écarte de la main. Je m’éclaircis la gorge.

    -Je vous prierais de me suivre, Lorelei.


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MessageSujet: Re: Le commencement de la fin {PV Maybeth Greene} Mer 10 Nov - 6:39



Une femme ?! J’étais surprise. Pour un accueil, celui-ci s’annonçait plutôt souple. Et c’en était presque décevant. Dans cette prison si réputée, avec tous ces criminels dangereux… Les gardiens étaient aussi des gardiennes ? À moins qu’elle occupe un autre poste. Surtout qu’elle avait l’air si frêle… Peut-être même plus que moi. Comment faisait-elle pour cohabiter ainsi avec des prisonniers qui pouvaient l’envoyer sur un lit d’hôpital sans beaucoup forcer leur talent ? Il n’y avait pas énormément d’options : soit elle était une vraie teigne - et elle le cachait diablement bien, soit elle devait en baver tous les jours. Dans tous les cas, ce n’était pas mes affaires mais je ne pouvais m’empêcher de ressentir de l’admiration, juste par solidarité féminine.

- Je vous prierais de me suivre, Lorelei.

Je rêve ou bien, elle vient vraiment de reculer ? Bon, la deuxième option paraît la plus probable…

Alors, ça y est : un jugement suffit à m’étiqueter comme dangereuse, à tel point que même les personnes qui ne me connaissent pas me craignent ?

Je la suis, en silence. Je n’ai pas le choix, en même temps. Il faut que je profite de sa relative sympathie tant que ça dure : je soupçonne les bons sentiments d’être éphémères au sein de Sadismus. Si elle se retournait, elle verrait certainement un visage plein de désinvolture. Et c’était vrai, j’étais tellement fatiguée de mon procès et de tout ce qui s’y rapportait que m’arracher une émotion - positive ou négative, d’ailleurs - me semblait quasiment impossible.

Tout en parcourant les couloirs, j’observais mon nouvel environnement et je n‘étais pas déçue : comme toutes les prisons, celle-ci était froide et complètement impersonnelle. Au moins, ça allait me changer de d’habitude… N’y a-t-il pas un hôtel aux États-Unis où les gens payent des sommes faramineuses pour dormir dans une prison et être traités comme des prisonniers ? Et bien, pour moi, c’était gratuit, je devais me sentir plutôt flattée.

Finalement, la femme devant moi s’arrêta et je faillis lui foncer dedans tant j’étais absorbée dans mes pensées. Malheureusement, je l'avais remarqué un peu trop tard et je dus me tenir à ses épaules pour m'aider à freiner, et éviter de la bousculer.

- Pardon. murmurais-je en détournant le regard. La distraction n'allait pas être mon alliée...
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MessageSujet: Re: Le commencement de la fin {PV Maybeth Greene} Ven 12 Nov - 13:23

    La prisonnière me suit sans faire d’histoire, ce qui ne manque pas de me soulager. Je crois que je n’aurais eu ni la force ni la volonté d’argumenter avec un nouvel arrivant récalcitrant. Quoi qu’à bien y penser, je n’ai jamais eu à me montrer dure avec des détenus. Je me suis toujours montrée très respectueuse de tout le monde et je n’ai jamais eu le moindre ennui. Le respect était mutuel. Je ne les traitais pas comme des marchandises et eux ne me traitaient pas comme une fonctionnaire. Je crois que plusieurs prisonniers ont l’impression que je suis moi-même retenue dans cet endroit – ce qui n’est pas tout à fait faux – et ça les empêche de me voir comme une ennemie. Eux et moi, on est dans le même bateau.

    Je m’arrête au bout d’un couloir. Je ne lui ai rien dit. Ce qui est tout à fait incorrect de ma part. Je devrais lui exposer les spécificités de Sadismus, lui faire comprendre qu’ici les choses ne sont plus ce qu’elles étaient avant et que rien, non rien, ne sera jamais plus pareil. Mais comme j’allais me retourner vers elle, voilà ses mains qui s’accrochent à mes épaules. Je sursaute violemment, hoquète malgré moi. Je sens tout mon sang quitter mon visage pour se rendre dans mes pieds.

    - Pardon, murmure-t-elle.

    -Ça n’est rien, je l’assure sur un ton récité, automatique.

    Je prends une grande respiration. Ça ne sont pas ses mains à lui. Je ne crains rien. Il est dans sa cellule à l’heure qu’il est. Je ne risque pas de tomber sur lui. Et de plus je ne suis pas seule. Je me tourne vers la jeune femme. J’imagine mon visage livide et je voudrais me gifler pour redonner un peu de couleur à mes joues.

    -Quand je ferai signe, on ouvrira cette porte. Elle est blindée et pourrait résister à un ras-de-marrée. Derrière, il y a le couloir des détenus. Votre cellule s’y trouve. Une fois que nous serons entrée, vous serez une prisonnière comme les autres. Vous aurez des heures de sortie fixes et surveillées. Beaucoup de vos droits vous ont été retirés, mais sachez que vous avez toujours la possibilité d’être soignée si vous vous blessez. Vous avez aussi droit aux services d’une psychologue. Avez-vous des questions avant qu’on vous envoie avec les autres ?

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