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Farvel København...

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Hélia Knudsen
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MessageSujet: Farvel København... Jeu 12 Aoû - 5:12

Tôt ce matin, des officiers de police Danois se sont prudemment introduits dans mon étroite cellule pour me réveiller. Aujourd’hui était synonyme de départ. De départ pour Sadismus, en Allemagne.
J’étais allongée sur une simple plaque en fer avec un matelas miteux et une couverture en laine toute usée. Armés de leurs bombes paralysantes, ils surveillaient mes moindres faits et gestes. Sur la table dérisoire qui trônait devant moi, on déposa un plateau.

-« Petit déjeuner. » me dit l’un d’eux. -Non, sans blague ?!-.

On m’épia tout le long de mon « repas ». Puis, on me menotta et on m’amena jusqu’au hall principal qui était presque désert à cette heure là. Un seul homme chétif, menotté lui aussi, était assis sur une chaise en plastique et me lançait des regards emplis de curiosité.

On libéra mes poignets tout en me montrant la bombe de Mace.

-« Si tu tentes quoi que ce soit, je t’envoie ça en pleine face, c’est clair ? » grogna le plus âgé.

Je relevai vers lui un regard dénué d’expression. Puis, toujours sous le regard inquisiteur du délinquant, on amena une camisole de force.
Oh, il y cela faisait si longtemps que l’on ne m’avait pas fait l’honneur d’en porter une…
Je crû voir au fond des yeux de l’homme un soupçon de crainte. On me passa tour à tour, bras gauche, puis droit dans les manches de cette sorte de « pull ». Puis on croisa ces manches et on sangla le tout dans mon dos, de sorte que je ne puisse plus me mouvoir. On m’entrava les pieds puis un fourgon se gara devant l’entrée principale. Un bougre costaud sortit du véhicule et entra.

-« Salut les gars ! Je suis venu chercher le colis ! Eh ! A ce que je vois, il est déjà bien emmailloté ! »

Eclat de rire général. Je me sentai humiliée. On me fit marcher jusqu’au fourgon où l’on m’assit sur un siège. Le plus jeune –le seul qui semblait éprouver un peu de compassion- s’approcha avec des sangles. Il n’eut même pas le courage de soutenir mon regard, tant il se sentait mal à l’aise.
On me sangla donc au siège, puis le chauffeur attacha ma ceinture de sécurité. Avec toutes ces courroies, ils pouvaient être sûrs que je ne me sauverais pas. Il prit place au volant, et les deux agents montèrent à l’arrière, avec moi.

-« Bon, qu’est-ce que nous avons là ? » demanda le conducteur.

L’aîné des deux ouvrit un dossier, le mien.

-« Une folle, accusée de trois meurtres. On l’amène à Sadismus. »

L’homme à l’avant acquiesça puis démarra. Nous quittions København ( Copenhague ), et je me demandai si j’allais un jour revoir ma ville natale…

Cela faisait seulement une heure que l’on roulait et déjà je commençais à trouver le temps long, ennuyeux, là, coincée entre deux policiers, entravée, enfermée dans une camisole de force et sanglée à mon siège. Ces mêmes sangles qui entreprenaient déjà d’irriter ma peau au travers de mon jean. Le plus jeune des trois hommes, situé à ma droite, semblait tendu depuis notre départ.

-« Qu’est-ce que tu as Finn ? Tu m’as l’air fort inquiet… demanda mon voisin de gauche.
-Je n’ai jamais vu quelqu’un en camisole…
-Il faudra t’y habituer ! Et puis, il vaut mieux ça plutôt que cette dingue ne te saute dessus et ne te bouffe un œil, hein ?! »

Il s’enfonça dans son siège et orienta son regard vers le paysage.

Je ne mis que peu de temps avant de sombrer dans les profondeurs du sommeil.


On me réveilla à Væggerløse, au niveau de l’embarcadère. De là, nous avons pris le ferry jusqu’en Allemagne, que nous avons atteint vers 9 heures.

Puis nous avons repris la route. Nous nous éloignions rapidement de l’agitation de la ville pour nous enfoncer dans la campagne. Enfin, pas la campagne, mais plutôt à l’écart des grands axes je dirais.


Je crois que je m’étais rendormie, car à mon réveil, je ne vis rien d’autres que d’imposants murs grisâtres qui n’avaient rien de rassurant. Les pneus crissèrent sur les graviers lorsque que l’on s’engagea dans l’allée principale. Il y avait trop de soleil, mais je pus distinguer une robuste grille, et dans le fond, l’esquisse d’un bâtiment tout aussi conséquent.

On coupa le moteur. Je fus aidée pour m’extraire du fourgon. Par chance, un épais nuage sombre cacha le soleil et me permit d’ouvrir entièrement les yeux sur mon horizon…
A ce moment, j’aurais tant aimé pouvoir faire demi-tour…
Je ravalai mes larmes avec amertume tout en avançant vers la grille...
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Sean Weiss
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MessageSujet: Re: Farvel København... Lun 20 Déc - 10:32

    J’ai une voix de tueur aujourd’hui. Ma gorge est totalement enrouée. J’ai voulu fumer hier soir avant d’aller au lit, comme je le fais presque toujours. Mais là ça n’a pas passé. La fumée m’est restée en travers de la gorge, je me suis étouffé et j’ai craché du sang. J’ai passé une nuit terrible à avoir des sueurs froides et à tourner et retourner dans mon lit. Cette douleur à la poitrine … Elle finira par m’avoir à la longue. Mais pour l’instant, pas question d’écouter cet imbécile de médecin qui veut me voir cesser de fumer. Je cesserai de fumer le jour où je n’en aurai plus envie, tout simplement. Et puis de toute façon … le mal est fait; je suis déjà malade. Pas besoin de faire gaffe.

    Néanmoins, cela suffit à me mettre de mauvaise humeur ce matin. Mes employés et les détenus me trouvent rarement particulièrement sympathique, mais aujourd’hui je sens que c’est pire. Et je n’ai aucune envie de parler; ma voix est tellement rauque que je ne la reconnais pas moi-même. C’est ridicule. Je fais donc ce que je devrais faire plus souvent; je me prends une bouteille et la remplit d’eau. Je la traînerai avec moi aujourd’hui, pour me rafraichir quand j’en aurai besoin. Mais me connaissant, j’aurai tôt fait d’oublier que je la tiens dans ma main. Ça n’est pas grave. J’aurai fait l’effort initial, c’est ce qui compte. Mon médecin serait presque fier de moi.

    Je termine de me préparer et sors de ma chambre. On a un nouvel arrivage aujourd’hui. Une femme dans la mi-vingtaine avec un historique en psychiatrie qui a tué trois personnes. Une belle pourriture qu’on m’envoie, comme toujours. Je ne vais pas me plaindre. C’est pour ça que j’ai rouvert cette damnée prison; pour empêcher que des criminels soient trop légèrement traités. Ici, ils ont ce qu’ils méritent pour avoir enfreint la loi. Aucun traitement de faveur pour qui que ce soit. Ces chiens sont tous mis sur le même pied d’égalité. J’atteins la cour, salue d’un signe de tête le garde qui refermer la porte de l’édifice après mon passage. Le camion est en retard.

    Je m’assois sur une marche de l’escalier de pierre. Je suis fatigué. De ces jours où vos yeux vous jouent des tours, la vision un peu floue par moment. Je grommelle, frotte mes paupières avec vigueur mais ça n’y change rien. J’ai une enflure de la paupière sous l’œil droit; probablement à cause du froid qui régnait hier. J’ai passé une bonne partie de la journée dehors et je dois m’être gelé l’œil. J’ai vraiment tout pour moi.

    J’entends le bruit familier d’un véhicule qui remonte le chemin pierreux menant jusqu’à l’enceinte. Le camion s’arrête juste devant la prison. Les gardiens en sortent, ouvrent la porte arrière. Une fille en camisole de force en sort. Elle a l’air plus jeune que ce à quoi je m’attendais. Je fais signe au vigile d’ouvrir les grilles. Les gardes approchent, poussant devant eux leur butin. Dès leur entrée, les grilles se referment dans un grand bruit. Je reste assis sur les marches, les laissant venir à moi. Ils s’arrêtent à deux mètres. J’en profite pour observer la jeune femme plus en détails, faisant tourner tranquillement ma bouteille d’eau d’une main à l’autre. J’hoche la tête. Les hommes se reculent de quelques pas, me laissant comme un espace d’entretien avec la nouvelle détenue. Entretien je veux bien. Mais ma voix est terrible. Je n’ai pas envie de lui servir mon habituel exposé sur les conditions de la prison. Tant pis. Elle se contentera de monosyllabes et de gestes.

    Je me lève, la toise encore un petit moment puis lui fait signe de monter le petit escalier qui mène la porte de la prison. Elle a l’air perdu. Ses yeux sont brillants, comme si des larmes étaient venues les chatouiller. Un rictus étire mes lèvres alors que le vigile nous ouvre la porte et que je la pousse à l’intérieur. Cette femme n’est pas faite pour survivre à un endroit comme Sadismus. Je suis curieux de voir ce qui deviendra son quotidien. Selon moi, elle vivra un véritable enfer. Elle n’avait qu’à y penser avant de commettre ses meurtres.

    -Avance.

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MessageSujet: Re: Farvel København... Lun 20 Déc - 16:04

-Avance. Venait-il de cracher d’une voix grésillante.

Cela m’envoya une déferlante de frissons le long de ma colonne vertébrale. Certainement un fumeur ! En plus, il me toisait depuis un moment, comme si j’étais… Un chien, oui, un pauvre chien errant. Je serrais les dents, pourtant un flot d'injures aurait aimé s'échapper de mes lèves. N'engageons pas les hostilités.
Et puis, comment avancer correctement lorsque l’on est saucissonnée dans une camisole de force ? Malgré le fait que mes pieds étaient enchaînés, je tentais de ma déplacer convenablement. Je devais surtout ressembler à une mouche prisonnière du cocon de soie d'une araignée...

-Quelle belle métaphore... pensai-je.

Mais quelle pensée idiote ! Pourquoi est-ce que je divague toujours quand je dois être concentrée ?

En arrivant, je l’avais vu assis sur les marches du perron, blême dans ce paysage morbide. De loin, on aurait presque dit qu’un croque-mort m’attendait devant la morgue. De près par contre, la vue était un peu plus agréable, fort heureusement. Lorsque les policiers avaient reculés et que nous étions face à face, il me scrutait derrière les mèches corbeau de ses cheveux. Je le fixais aussi, attendant un mot, une phrase, un discours, bref qu’il parle et qu’il me dise ce qu’il fait là ! Ca aurait peut-être arrangé son air de thanatopracteur à vous glacer le sang…
Puis, il m’avait poussé dans l’enceinte de la prison. Je n’ai même pas pu regarder une dernière fois Finn, mon dernier souvenir de la gentillesse… Que des barbares !
Un vigile ouvrit la porte et un courant d’air glacé me fit frémir. Un coup d’œil au vigile, pathétique, un garde, quoi. J’entrais donc avec difficulté dans cet endroit glauque, poussée par le gardien aux cheveux de jais. J’avais plus que l’impression d’être traitée comme un animal. Je crois que cet épisode carcéral sera plus difficile que je ne le croyais. Il faudra bien que je m'habitue et que je me fasse une place, comme à l'asile.

Je m’arrête soudain, stoïque dans le passage. J’ai l’impression d’effectuer un acte de bravoure extrême… J'inspire profondément, comme prête à affronter la neige et le froid pour gravir l'Everest...

-Est-ce que l’on pourrait m’enlever cette camisole, s’il vous plaît. J’étouffe là-dedans…

Dans ma bouche, cette simple demande sonnait faux, presque teintée d’un désespoir que je tentais en vain de dissimuler. J'avais déjà faillit pleurer, grave erreur numéro un. Et maintenant je faisais ma capricieuse, grave erreur numéro deux ! Quelle maladresse !
Je voulais vraiment sortir de cet étau de fortune qui me privait d’autant plus de ma captive liberté…
J'étais coincée là-dedans depuis l'aurore, et malgré les arrêts sur la route, je souffrais encore de nombreuses crampes, et j'avais l'impression que mon corps étouffait.
Stupide n'est-ce-pas ?
Eh oui, c'est ça la folie...

-S'il vous plaît, répétai-je.
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MessageSujet: Re: Farvel København... Jeu 30 Déc - 0:14

    Je voudrais avancer le plus rapidement possible mais le paquet emmailloté que je pousse devant moi décide soudain de mettre les freins. Je dois faire un effort pour ne pas lui rentrer dedans. Déjà que j’ai du la toucher pour la pousser devant, je suis bien content d’Avoir évité ce contact supplémentaire. Je ne m’en cache pas; mes prisonniers m’inspirent la plus grande répugnance. Si je le pouvais, j’éviterais tout contact avec eux. J’administrerais ma prison depuis mon bureau, sans rien devoir rendre à qui que ce soit. Mais la réalité est toute autre. Les gens ont besoin d’un patron qu’ils peuvent voir et sentir. En d’autres termes, un patron capable de faire le même boulot qu’eux.

    -Est-ce que l’on pourrait m’enlever cette camisole, s’il vous plaît. J’étouffe là-dedans…

    On dirait qu’elle me prend pour un bon samaritain. Je n’ai aucune envie de la libérer de ce cocon. D’accéder à sa requête serait lui accorder une importance qu’elle ne mérite pas. Et lui accorder cela le jour même de son arrivée lui ferait probablement croire qu’elle peut s’en tirer à bon compte. Elle deviendrait alors rapidement exécrable et insubordonnée et entraînerait une révolte de la part des détenus. Ces chiens, il suffit de brandir un os sous leur nez pour qu’ils veuillent gober votre bras en entier.

    -S'il-vous-plaît, répète-t-elle.

    Je croise les bras sur ma poitrine, l’observe longuement, l’air songeur. L’air seulement. En réalité, je sais très bien que je n’accèderai pas à sa requête. Mais autant lui donner un minimum d’espoir quand à cela. Ça ne fera que lui mettre sa condition sous le nez. Elle dépend de moi. De mes employés. Sa condition ne dépend absolument pas d’elle mais bien de nous. Elle doit le comprendre. Trop de prisonniers ne l’ont pas encore compris. Mal leur en fasse.

    -Je considèrerai la chose si vous êtes capable de me donner trois bonnes raisons que j’aurais de vous l’enlever.

    Franchement, je lui lève mon chapeau si elle y arrive. Je ne vois pas moi-même une seule bonne raison de lui enlever cette camisole de force. Mais quoi qu’il en soit, je ne lui enlèverai cette chose qu’une fois qu’elle sera dans sa cellule. Mais ça, elle n’est pas obligée de le savoir tout de suite. Elle peut tout aussi bien s’imaginer que je la lui laisserai tant qu’elle ne m’aura pas trouvé ces « raisons valables » et que ça pourrait durer des jours, voir des semaines. Je sais que les rumeurs courant à propos de Sadismus peuvent aider à croire ce genre de choses. J’y crois moi-même.

    -Jusque là, continuez d’avancer, dis-je en passant une nouvelle fois par-dessus mon dégoût et en la poussant à nouveau en avant.

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MessageSujet: Suite (oui, j'aime les titres intéressants...) Lun 10 Jan - 18:38

Bon, c’est vrai que je n’aurais peut-être pas dû m’arrêter aussi brutalement, il a pu croire que « le colis emmailloté » faisait sa petite révolution pour se faire remarquer…

Tu es vraiment irrécupérable ma pauvre Hélia…

Comme je suis toujours angoissée, j’organise tout dans mon esprit. Tout doit être lisse, préparé à l’avance, de ma démarche à mes paroles, en passant par un choix de gestes appropriés, une préparation aux questions qu’on me poserait à la réponse que je donnerais. Et lorsque dans ce scénario parfait un élément extérieur et imprévu débarque, la panique s’installe. J’avais déjà fait une erreur et je venais d’amorcer la seconde.

Fantastique… !

Mon cœur battait à la chamade sous l’effet de l’adrénaline. Ce silence me pesait. Je tournais légèrement la tête, juste pour dire de pouvoir l’apercevoir dans mon champ de vision. Il semblait réfléchir, mais ses mimiques manquaient terriblement de réalisme et d’honnêteté.

Il te prend pour une imbécile…

Certainement, oui. Repue de mon observation, je détournais à nouveau le regard. Je pensais sérieusement qu’après cette « inspection générale », ce gardien garderait le silence et me pousserait à nouveau brutalement pour avancer vers le prochain « check-point ».

-Je considèrerai la chose si vous êtes capable de me donner trois bonnes raisons que j’aurais de vous l’enlever.

Quoi ? Qu’est-ce qu’il nous fait là ?

Ce qui me surprit tout d’abord, c’est qu’il me donna une réponse (plutôt satisfaisante). Mais je trouvais son excuse, si on peut appeler cela une excuse, totalement stupide. J'étais tentée d'y croire, mais qu'est-ce qui me prouve qu'il ne se joue pas de moi ? Comme tous les gardiens, il doit sûrement faire espérer tous ceux qui franchissent cette porte. Mais juste cette idée, cette simple idée qu'une possibilité, aussi infime soit-elle, de pouvoir sortir de cette première entrave existait me réjouissait. Je pourrais rapidement trouver trois raisons, voire plus, mais seraient-elles assez convaincantes à ses yeux ? Je restais donc droite et raide dans le passage, prête à organiser mon esprit. Toutes sortes de raisons défileraient, et mon cerveau sélectionnerait au passage les plus intéressantes.

Une chance en perspective…

-Jusque-là, continuez d’avancer.

Encore ?

Il venait de me pousser avec répugnance et écœurement. Bon, j’avais encore le temps de réfléchir avant la prochaine étape. Je crois bien que mon cerveau n’avait jamais travaillé aussi rapidement. Sûrement l’instinct de survie, comme on dit… Des phrases passaient, comme projetées sur l’écran de mon esprit. Je ne devais pas lui faire croire que j’allais abandonner la partie, au contraire. Nous marchions à une allure très ralentie, du fait de mon « handicap ». La ballade n’avait rien d’agréable. Je prêtais l’oreille aux bruits de nos pas sur le sol. Drôle de mélodie. Un peu sinistre, même. J’invectivais silencieusement mon cerveau pour qu’il accélère son analyse. Mon honneur était en jeu.

Hurtigt, hurtigt ! (vite, vite !)

Soudainement je calquais ma marche sur la sienne, ralentissait légèrement, et tendait le cou. La tête haute, j’avais l’impression que rien ne pouvait m’atteindre.

-Tout d’abord, je suis enfermée dans cette camisole depuis à peu près quatre heures du matin, de ce fait, vous prenez un énorme risque, car il se pourrait que je fasse une crise. Ensuite, cette crise pourrait engendrer une réaction en chaîne dans la prison, résultat, des prisonniers hors de contrôle, et pas assez de personnel. De plus, vous seriez bien coupable de ce tort…Finalement, en me sortant de cette entrave, je pourrais avancer plus rapidement et permettre d’achever au plus vite ce qui semble être pour vous une corvée, débitais-je sans respirer, pour ne pas lui laisser le temps de répliquer.

Parfait !

Je reprenais mon souffle le plus discrètement possible en inspirant profondément. J’étais franchement impressionnée par la qualité du travail fourni par mon cerveau en si peu de temps. Bon certes, cela fait un peu première de classe… Mais... Et si c’était là ma troisième erreur ? Ma mâchoire se contracta. Le verdict allait tomber, une véritable ambiance de cour d’assise… Qu’allait-il bien me dire ? Ou me faire ?

Paisiblement (en apparence), je me tournais pour lui faire face, faire face à sa réaction…
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Sean Weiss
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MessageSujet: Re: Farvel København... Ven 14 Jan - 11:42

    La prisonnière n’avance pas vite. Pire. Elle est carrément lente. Et à la limite, si je n’étais pas conscient de l’entrave qu’elle subit, je pourrais croire qu’elle le fait exprès. Je ne sais même pas si elle a l’intention de trouver une réponse à mon défi. Trois bonnes raisons. Aucune selon moi ne serait valable. Elle passerait le reste de son séjour ici emmailloté de la sorte et je m’en ficherais comme de ma première dent de lait. C’est une criminelle. Si elle est ici, c’est qu’elle le mérite. Elle mérite toutes les souffrances et les peines que lui imposeront cet endroit et ses habitants. Je soupire lorsqu’elle fait mine de ralentir encore plus. Elle s’est mise à ma hauteur, à côté de moi. Je garde un regard attentif sur elle, méfiant de ce que les détenus peuvent quand je n’ai pas les yeux sur leur nuque.

      « Tout d’abord, je suis enfermée dans cette camisole depuis à peu près quatre heures du matin, de ce fait, vous prenez un énorme risque, car il se pourrait que je fasse une crise. Ensuite, cette crise pourrait engendrer une réaction en chaîne dans la prison, résultat, des prisonniers hors de contrôle, et pas assez de personnel. De plus, vous seriez bien coupable de ce tort…Finalement, en me sortant de cette entrave, je pourrais avancer plus rapidement et permettre d’achever au plus vite ce qui semble être pour vous une corvée. »


    Je reste un instant muet, puis la jeune femme s’arrête et vient se planter face à moi. L’attente dans son regard ne fait qu’accentuer le dégoût que j’éprouve pour ces être odieux. Elle ose me regarder de haute, la tête haute et le menton dressé. Sait-elle seulement à qui elle s’adresse ? Non. Évidemment. Elle me prend pour un simple gardien. Et je peux le comprendre parfaitement. Je parais peut-être décontenancé par son attitude une fraction de seconde, puis je reprends mon aplomb, éclate d’un éclat de rire qui sonne faux.

      « Elle est bien bonne celle-là ! Si nous devions répondre à tous les caprices des prisonniers par peur de déclencher une crise chez le reste des détenus, cet endroit serait un hôtel de plaisance, et non un centre de détention à haute sécurité. Croyez bien qu’une émeute entre ces murs est gérée dans le temps de le dire. Mes gardes sont formés à réagir au quart de tour et la mauvaise humeur des détenus est bien le dernier de vos soucis. Dois-je vous rappeler que vous êtes ici parce que vous vous êtes rendues coupable de meurtre ? Vous êtes responsable de votre propre inconfort. »


    Je fais une pause. Le temps de la laisser croire que son effort n’a servi à rien. C’était mon intention au départ. Qu’elle me fournisse trois raisons valables et je ne la libèrerais toutefois qu’au moment de la jeter dans sa cellule. Or … Je penche la tête sur le côté, en réflexion.

      « Toutefois, vous avez raison sur un point. Je n’ai qu’une envie et celle-ci est de me débarrasser de vous au plus vite. Et cette dernière raison de vous défaire de ce gilet me suffit amplement. Tournez-vous. »


    Je ne lui laisse pas le temps de s’exécuter. Je suis pressé par mon envie de retourner dans mon bureau, dans mes affaires. Je lui agrippe l’épaule et la fait pivoter. Les attaches sont fixées à plusieurs endroits du dos. Une à une, je les défaits, puis fais glisser la camisole de ses épaules. À elle de faire le reste. Je ramène mes mains jusqu’à moi; je ne la toucherai pas davantage.

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MessageSujet: ... Ven 14 Jan - 19:17

J’attendais, là, plantée devant lui, le fixant (peut-être un peu trop d’ailleurs) avec grand intérêt. Son regard était ancré dans le mien. L’angoisse prit soudainement mon corps en otage et referma ses serres sur moi.
Une cage thoracique, une camisole de force, et puis l’angoisse, je commençais sérieusement à me sentir mal à l’aise. Oppressée, je ressentais déjà une gêne pour respirer. Je me demandais si mes raisons étaient valables. Elles me paraissaient l’être, mais avec ce genre de personnes, rien n’était trop prudent…

Tu aurais pu faire mieux Hélia…

Bon, bon, certes j’aurais pu faire mieux. Malgré tout, je trouvais mes arguments plutôt convaincants…
Quoique.

Je crû malgré tout déceler quelque chose dans ses yeux. Cela ne dura qu’une seconde, à peine. Je ne saurais précisément décrire son expression. Je dirais qu’il fut un peu pris de court, mais se ressaisit aussitôt. Il se redressa, reprit son air blasé. Mais quelque chose avait à nouveau changé… J’étais pratiquement sûre que mon air involontairement supérieur l’avait piqué au vif.

Tu es fichue ma grande. Il va appliquer sa sentence suprême.

Je m’apprêtais à baisser le regard, honteuse, mais il laissa échapper un rire sarcastique qui me fit sursauter.

-Elle est bien bonne celle-là ! Si nous devions répondre à tous les caprices des prisonniers par peur de déclencher une crise chez le reste des détenus, cet endroit serait un hôtel de plaisance, et non un centre de détention à haute sécurité. Croyez bien qu’une émeute entre ces murs est gérée dans le temps de le dire. Mes gardes sont formés à réagir au quart de tour et la mauvaise humeur des détenus est bien le dernier de vos soucis. Dois-je vous rappeler que vous êtes ici parce que vous vous êtes rendues coupable de meurtre ? Vous êtes responsable de votre propre inconfort.

C’est parti !

Premier coup de massue. Je suis complètement stupide !

Tu es une incapable, désormais tu en as la preuve…

Je le savais. J’avais encore raté.

« Mes gardes sont formés à réagir au quart de tour »

Ses gardes ? Que voulait-il dire par là ? Etait-il le garde le plus haut placé, ou le dirigeant de ce monde miniature ?

« Dois-je vous rappeler que vous êtes ici parce que vous vous êtes rendue coupable de meurtre ? »

Ma mâchoire se crispa. Comprendraient-ils tous un jour que j’ai tué pour survivre ?! Pour avoir, comme tout le monde le droit de goûter au bonheur de vivre. J’ai dû commettre ces actes impardonnables pour VIVRE.
Je gardais la tête haute, tant bien que mal, alors que des images affluaient à mon cerveau.
Une gouttelette de sang s’écrasa sur la chemise du gardien. Surprise, je jetai un discret et rapide coup d’œil au plafond. Il était couvert de sang.
Horrifiée par cette hallucination si réelle, je concentrais mon attention sur un point éloigné, dans le fond du couloir, espérant ainsi oublier cette vision.
Je n’avais pas remarqué qu’il s’était arrêté de parler, j’étais bien trop occupée à tenter de calmer mon angoisse, et à éviter de nouvelles hallucinations.
Mais, sentant son regard insistant, je relevais les yeux.

Pourvu qu’il ne remarque rien…

Alors ça, avec la chance extrême que j’avais eu tout au long de cette journée, je ne m’attendais pas à un miracle. Il avait la tête penchée sur le côté, en pleine « réflexion », comme tout à l’heure. Tout cela ne présageait rien de bon…

-Toutefois, vous avez raison sur un point. Je n’ai qu’une envie et celle-ci est de me débarrasser de vous au plus vite. Et cette dernière raison de vous défaire de ce gilet me suffit amplement. Tournez-vous.

« Je n’ai qu’une envie et celle-ci est de me débarrasser de vous au plus vite ». Très sympathique, je dirais même charmant…

Apparemment il serait prêt à m’enlever…
Pas le temps de répondre, il m’agrippa l’épaule et me fit pivoter si brusquement que je faillis perdre l’équilibre. Ses mains progressaient à tâtons le long de ma colonne vertébrale, hésitant, je sentais qu’il cherchait par tous les moyens d’éviter un contact. Une à une, les attaches étaient dégrafées, et je sentais l’espace autour de ma cage thoracique s’élargir. Calmement il fit glisser le tissu rugueux sur mes frêles épaules. Le gardien recula, je le sus en écoutant le bruit feutré de ses pas. Je dépliais lentement mes bras courbaturés pour attraper le vêtement et le faire tomber le long de mon corps décharné. D’un geste désinvolte, je laissais la camisole s’effondrer sur le sol. J’eus un frisson lorsque je me retrouvai en débardeur et jean dans ces couloirs inhospitaliers. La tête penchée en avant, je scrutais mon entrave et poussais un léger soupir de satisfaction.
De nouveau, je me plaçais face à cet homme, mais cette fois, mon regard ne présentait pas la moindre once d’orgueil.

-Merci, lâchai-je, un petit sourire aux lèvres.

Tu as souri.

Me rendant compte de ma faute, je détournais le regard, croisant les doigts pour qu’il n’ait pas vu cette horreur qui n’avait rien à faire sur mon visage.

Le sourire est proscrit pour toi, Hélia. Ta bouche doit être aussi rectiligne que l’horizon, ou… Que les barreaux de ta cellule, si tu préfères…

Rouge de honte, je tournais les talons et reprenais un rythme de marche plus rapide, malgré les crampes qui me brûlaient les muscles. Je ne savais pas où je me rendais, mais je n’osais plus me retourner pour lui demander…

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Sean Weiss
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MessageSujet: Re: Farvel København... Jeu 20 Jan - 10:52

    Je l’observe se débarrasser de la camisole de force. Ses gestes sont un peu maladroits, ce qui, je l’imagine, doit être normal après qu’ils aient été serrés ainsi aussi longtemps. Elle doit l’avoir sur le dos depuis quoi ? Ce matin peut-être. J’entends le soupir de soulagement qui s’échappe de sa bouche. Eh bien … En voilà peut-être une qui ne me fera pas trop de misère dans la prison, enfin je l’espère. À moins qu’elle vienne de prendre pour acquis qu’elle peut tout obtenir. Je plisse le front. Avec ces gens on ne sait jamais à quoi s’attendre. On leur tend la main une fois et on se retrouve sans le bras, avec à peine la chemise qui reste sur le dos. Ces gens ne vivent pas comme moi, ne pensent pas comme moi. La preuve, dîtes à un criminel qu’il mérite ce qui lui arrive et il vous regardera avec des yeux d’enfant qu’on vient de gronder et vous dira « qu’il y avait des circonstances » ou que ça n’était tout simplement pas lui. « C’est une conspiration. » « On m’a piégé. » J’en entends de toutes les sortes, tous les jours. Ou alors ils se prennent pour des justiciers, des libérateurs du genre humain. Ils croient qu’ils ne méritent pas ce qui leur arrive. Ils le croient vraiment ou essaient de nous le faire croire. Oh, et le meilleur reste certainement « Je n’étais pas en contrôle de moi-même au moment de l’incident. » Évidemment. La folie est une chose incroyablement facile à simuler. Même moi j’y arriverais.

      « Merci. »


    Pardon ? Ai-je bien entendu ? « Merci. » Celle-là, c’est la première fois qu’on me la sert depuis que je suis à la tête de ce pénitencier. Merci ? Je regarde cette jeune femme avec un point d’interrogation dans le regard. Et ce sourire … Je suis franchement déstabilisé. À voir son expression d’horreur tout de suite après, son désir de se cacher, je crois qu’il y a une réelle sincérité dans ce merci. Ce n’est pas un « merci, quand j’aurai quelque chose à demander, je vais me tourner vers toi, c’est sûr » ni un merci sarcastique. C’était un merci très spontané, trop spontané. Quelque chose qu’elle ne voulait pas dire mais qui est venu malgré elle.

    Non mais qu’est-ce que je raconte, moi ? Dire merci est une convention sociale tellement répandue que c’est un simple réflexe de le dire. Cette jeune criminelle n’a sans doute que le désir de se séparer de cette convention et de gagner un autre niveau dans l’échelle de la non-humanité.

    Je n’ai pas à la pousser dans le dos. C’est elle qui se remet en marche d’elle-même, visiblement aussi pressée que moi d’en finir avec tout ceci. Je me remets en marche aussi, après un très court délai. Sa marche est plus rapide que tout à l’heure, mais elle est rythmée par quelques petites irrégularités, sûrement dues à la roideur de ses membres restés longtemps dans la même position. De derrière, je la dirige, lui disant tantôt de tourner, tantôt de continuer tout droit. Jusqu’à ce que nous arrivions devant la porte blindée qui marque le commencement de l’aile des prisonniers. Ou la fin, tout dépendant de quel côté de cette porte on arrive et de quel côté on va.

      « Arrêtez-vous ici. »


    Non, je n’ai aucune envie de faire durer le plaisir. Seulement, en accueillant les détenus, j’ai le devoir et la responsabilité de leur faire connaître leurs futures conditions. Souvent, les gens de l’extérieur ne savent pas bien le leur exprimer car ils n’ont jamais mis les pieds ici. Oh, je ne tiens pas à ce qu’ils le fassent. Tant que personne ne vient se mettre le nez dans mes affaires, on ne touchera pas à mes techniques d’administration. Je me tourne vers la caméra et fais signe par l’objectif, au gardien qui surveille cette porte, d’attendre avant de l’ouvrir.

      « Je vais tâcher de faire court et simple. Ici, vous n’êtes plus rien. En étant condamné à venir finir vos jours ici, vous avez perdu presque tous vos droits en tant qu’être humain. Ici vous n’avez même plus de nom. À partir d’aujourd’hui, vous n’êtes rien de plus que le détenu 280072. Vous serez surveillé à toute heure du jour, par des gardiens ou par des systèmes de sécurité. Vous êtes ici à vie, sans possibilité d’être un jour remise en liberté, et notre personnel s’assurera que vous ne puissiez pas raccourcir votre séjour, pas l’évasion ou par le suicide. Vous avez droit à trois repas par jour. Vous avez aussi droit aux services d’un médecin et d’une psychologue avec qui vous pouvez prendre rendez-vous, ou être convié. Tout dépend de votre dossier et de vos antécédents. »


    Je prends une courte pause.

      « Êtes-vous prête à rejoindre votre cellule ? »


    Je ne sais pas pourquoi je lui demande une chose pareille. C’est venu tout seul. Prête ou pas, elle ira derrière ces maudits barreaux et j’espère ne plus jamais avoir affaire à elle, qu’elle ne sera jamais envoyé dans mon bureau pour quelque raison que ça soit. Je pince les lèvres, agacé. Décidemment, cette journée en est une mauvaise. Rien ne se passe comme à l’accoutumée. D’abord j’accède à une requête d’un détenu, ensuite je reçois un merci de la part d’une détenue et maintenant voilà que je lui demande son avis sur quelque chose … J’ai hâte d’aller me coucher.

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MessageSujet: [Numb] Sam 22 Jan - 6:09

Je fonçais droit devant moi, malgré la brûlure qui enflammait ma cuisse droite. Pas question de s’arrêter, j’avais bien trop honte maintenant.

Idiote ! Qui sourit dans une prison ?

Je serrais les dents.
Malheureusement, je ne suis pas impulsive, impolie ni agressive, sauf bien sûr en cas de crise. Mais de là à sourire innocemment, alors que cette personne n’a, apparemment, aucune réelle sympathie pour moi, c’est vraiment stupide.
Ah les réflexes…

Oh non ! Et s’il avait remarqué mon sourire et prit ça pour de la moquerie ou…. ?

Je ressentis une douleur lancinante dans la jambe et retins un cri de douleur.
Je boitai quelques mètres puis réussis à reprendre une démarche normale. Je sentais que, petit à petit, mes muscles se défroissaient enfin.

Je continuais sur ma lancée, voyant un embranchement quelques mètres plus loin, lorsqu’il m’indiqua le chemin à suivre. Un peu surprise, j’obliquais quand même, toujours sans me retourner. Droite, droite, gauche, tout droit…
Je voyais se rapprocher une immense porte blindée qui ne me disait rien qui vaille… A nouveau un frisson descendit le long de ma colonne vertébrale et j’eus la chair de poule.
Il s’était peut-être trompé… ?

Mais de toute façon tu vas devoir vivre dans ce trou à rats !

Je pensais que l’hôpital psychiatrique demeurait le plus terrifiant lieu de résidence, mais la prison me semblait être bien pire, à presque tous les points de vue !

-Arrêtez-vous ici.

Alors il ne se trompait pas ?

Pas besoin d’espérer t’en tirer Hélia !

Je ralentis puis m’arrête devant cette porte. Là, un peu craintive, je me retournais lentement. Je l’aperçus dans mon champ visuel faire un signe en direction du plafond. Je révulsais ma tête en arrière et remarquais une caméra de surveillance.
Aucun problème, à l’ « asile », nous étions toujours suivis et surveillés…
Pourquoi faut-il toujours que l’on nous enferme… ? En nous enfermant, on nous confine plus loin encore dans notre solitude, notre douleur et notre folie. Quoi de mieux pour que nous devenions inhumains ?

-Je vais tâcher de faire court et simple. Ici, vous n’êtes plus rien. En étant condamné à venir finir vos jours ici, vous avez perdu presque tous vos droits en tant qu’être humain. Ici vous n’avez même plus de nom. À partir d’aujourd’hui, vous n’êtes rien de plus que le détenu 280072. Vous serez surveillé à toute heure du jour, par des gardiens ou par des systèmes de sécurité. Vous êtes ici à vie, sans possibilité d’être un jour remise en liberté, et notre personnel s’assurera que vous ne puissiez pas raccourcir votre séjour, pas l’évasion ou par le suicide. Vous avez droit à trois repas par jour. Vous avez aussi droit aux services d’un médecin et d’une psychologue avec qui vous pouvez prendre rendez-vous, ou être convié. Tout dépend de votre dossier et de vos antécédents.

« Ici, vous n’êtes plus rien. »

J’ai déjà entendu ce discours dans ma vie… Bah, on s’y fait…

« Ici vous n’avez même plus de nom. »

Tiens, à l’hôpital psychiatrique aussi on perd son nom au détriment d’un surnom qui nous correspond mieux, ou alors un simple « Hé toi là ?! »
Je me demande encore parfois pourquoi on m’appelait le « Tarsier » ? Peut-être pour mes yeux… ? Est-ce que je ressemble réellement à cette bête ?

280072… ? A retenir.

J’aurais aimé rester un peu plus longtemps dans ces couloirs car ils me paraissaient dérisoirement effrayants par rapport à ce qui m’attendait…

280072…

Je rêvais encore, le cou tendu et le regard fixé au plafond lorsque la voix rauque du gardien me fit sursauter.

-Êtes-vous prête à rejoindre votre cellule ?

280072…

C’était une question un peu étrange, ou alors sincère, ou alors il se moquait totalement de moi. Je ne saurais le dire… Je le trouvais réellement énigmatique.
Mais, je savais aussi que je pouvais dire aussi bien oui que non, je n’en serais pas moins jetée dans une cellule.

-De toute façon, peu importe ma réponse, je suis obligée… Vous me l’avez bien fait comprendre. J’aimerais rester à l’extérieur, mais je ne l’ai pas mérité, soufflai-je, collée contre le mur humide.

Comme si on allait te plaindre !

Ce n’était pas mon but.
Ma chère amie l’angoisse revint me rendre une petite visite. Elle arriva gentiment, me donna quelques palpitations et un peu de difficultés pour respirer. Mais elle devint rapidement agressive. J’eus soudain l’impression qu’un poids venait de tomber sur mon thorax. Tout l’air fut chassé de mes poumons. Je tentais de calmer mon affolement et de respirer normalement.

Pas de crise maintenant !

-280072, j… je crois qu… que j’ai b… bien retenu… bégayais-je tant bien que mal.

Mais à cet instant précis, j’avais peur de m’avancer, peur d’être de nouveau abandonnée…
Je ne pouvais plus me raccrocher à quoi que ce soit. Je tremblais de peur, de froid, d’angoisse, bref, je ne savais pas trop quel sentiment m’habitait…
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MessageSujet: Re: Farvel København... Mar 25 Jan - 16:42

    -De toute façon, peu importe ma réponse, je suis obligée… Vous me l’avez bien fait comprendre. J’aimerais rester à l’extérieur, mais je ne l’ai pas mérité.

    Elle est maline. Elle réutilise les mots que j’ai moi-même utilisés tout à l’heure. Elle a l’air très nerveuse, très songeuse. Mais au fond elle est très attentive à ce qui se passe autour d’elle. Dans sa situation, je ne ferais sans doute pas mieux. Même si je fais régulièrement ce chemin avec de nombreux prisonniers, j’arrive mal à m’imaginer ce que ça doit représenter pour eux. Pour moi, ça n’est que l’accomplissement de mon travail. Je suis ici pour ça, eux aussi. C’est le quotidien. J’en vois passer tous les jours. Eux, c’est parfois la première fois qu’ils passent la porte d’une prison. Ils comprennent que lorsque cette porte se referme, c’est pour la vie, que tout est fini pour eux au-dehors. Pire. Il n’y a même plus de dehors. Je laisse filtrer peu de nouvelles du monde extérieur jusqu’à eux. Les visites sont rares, très limitées. Souvent, les prisonniers viennent de très loin et la famille ne peut pas se déplacer jusqu’ici. C’est tant mieux. Je ne leur donne de nouvelles que la mortalité dans leurs familles directes. C’est le maximum d’humanité que je peux me permettre d’avoir envers eux. Et c’est plus par respect pour leur famille que par respect pour eux.

    -280072, j… je crois qu… que j’ai b… bien retenu…

    Je fronce les sourcils. Je n’ai jamais connu de détenu qui s’empressait d’apprendre son numéro d’identification. La plupart du temps, ils le rejettent, s’attachent à leur prénom, à ce qui fait d’eux un être humain. Cette jeune femme a les pieds sur terre. Elle veut éviter les ennuis ici. Tant mieux. Ça laissera plus d’énergie à tout le personnel pour s’occuper de mater les plus coriaces et les plus dangereux. Cette prisonnière va purger sa peine convenablement parce qu’elle sait qu’elle ne peut pas échapper à la justice, de toute façon. J’aimerais en recevoir plus souvent, des aussi dociles.

    Je fais un autre signe en direction de la caméra, sans quitter ma marchandise des yeux. Un bruit de buzzer résonne fortement pendant quelques secondes pour me signaler que la porte va s’ouvrir. Je regarde à l’intérieur avant d’entrer, m’assurant que tout est en ordre. Que toutes les portes des cellules sont bien fermées et que personne ne se trouve ailleurs qu’à l’endroit où il se doit d’être. Puis je pousse ma prisonnière devant moi encore une fois.

    Le couloir des détenus est sombre et peu accueillant. C’est sans compter l’éclairage moyennement efficace à cause des ampoules grésillantes, sans compter l’humidité, sans compter les détenus qui se pressent contre les portes pour nous regarder passer. L’ambiance est toujours agitée quand un gardien vient déposer un prisonnier. Je crois que c’est pire quand c’est une prisonnière. Et je crois aussi que c’est encore pire quand c’est moi qui m’en occuper. Les gens qui logent ici me connaissent bien. Je ne suis entré en contact qu’avec un petit nombre d’entre eux, mais ils savent qui je suis. Ils savent que je suis celui qui a rouvert cet endroit de malheur. Les détenus qui ont connu l’ancien Sadismus me haïssent d’autant plus, car ils croyaient avoir échappé à cet enfer. Et je les ai durement ramenés à la réalité.

    C’est bruyant. Très bruyant. Et je reste sur mes gardes, lançant des regards discrets à tout ce qui bouge, émet du son et est doté de mains. Celles-ci enserrent les barreaux. Sous les encouragements de la foule pour que la jeune femme les débarrasse tous de moi, je n’oublie certes pas de lancer quelques coups d’œil à celle que j’amène avec moi. Je doute qu’elle tente quoi que ce soit. Et si j’étais elle, je penserais plutôt à m’attirer la sympathie du directeur, plutôt que celle de ces monstres. Quand bien même … elle n’aurai ni l’une ni l’autre.

    Je m’arrête, la force à faire de même. Un regard derrière m’indique que la porte est bel est bien refermée. Je sors mon trousseau de clés. Cellule 6. 622948, 272021 et 900788, si ma mémoire est bonne. Deux sont présents. L’autre devait avoir affaire soit avec un médecin ou quelque corvée. Un homme et une femme donc sont prêts à accueillir la nouvelle venue.

      « Reculez, j’ouvre. »


    Lorsque j’estime que j’ai assez d’espace pour procéder, je glisse la clé dans la large serrure et l’y tourne. Je fais glisser la porte sur le côté, regarde un moment l’ouverture et fais signe à la prisonnière d’y entrer. Je ne vais quand même pas le faire à sa place. Je continue de surveiller les deux autres locataires. Je ne peux jamais être trop prudent quand il s’agit de ces fumiers. Un excès de zèle ne peut pas me faire de mal.

    [je poste ceci dans la cellule 6, tu répondras là-bas]

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