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Haut perché [pv]

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Aaron Sturk
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MessageSujet: Haut perché [pv] Mer 16 Juin - 18:38

[=> Suite de Colloc'action ]

Je suis dehors depuis maintenant plusieurs heures. Il doit être environ cinq heures du matin, j’entends les premier oiseaux chanter, pourtant, il ne fait pas encore jour. J’ai eu le temps de me calmer depuis tout à l’heure. Cette Maria… Notre colocation ne va pas faire long feu. Long feu… Haha, je me fais rire tout seul. J’aurai bien aimé voir la tête de cette furie quand elle a découvert son lit et ses affaires en cendres. Cela lui servira de leçon. Ce n’est pas parce qu’on a de jolies bouclettes blondes qu’on est intouchable. Pauvre petite chose… Elle va rapidement se rendre compte avec moi de la dure réalité de la vie. Il faut toujours d’attendre au revers de bâton, c’est un principe simple que trop de gens oublient.

Pour ma part, je suis perché dans un arbre depuis que j’ai quitté la chambre. Je suis venu dans la cour, pas vraiment accueillante. Du béton, ces énormes murs, mais en même temps, nous sommes dans une prison. Ce seul espace de verdure m’a attiré, et je me suis hissé sans effort sur une grosse branche à quelques mètres du sol. Ce n’est pas assez pour voir au dessus de l’enceinte, mais j’y suis seul, personne ne pensera à venir me chercher ici. Adossé au tronc, une jambe repliée contre moi, l’autre pendant sur le côté, je regarde les étoiles, songeur. J’ai essayé de lire dans un premier temps, mais il n’y avait pas assez de lumière, même en utilisant mon portable, alors, j’ai abandonné l’idée. Je ne m’ennuie jamais de toutes façons, j’ai toujours quelque chose à penser, à imaginer, toujours de quoi réfléchir. Et aujourd’hui, ce ne sont pas les sujets qui manquent. Avec ce nouveau départ raté, j’ai de quoi me poser des questions. Je peux peut être encore donner ma démission et retrouver mon ancien poste. Je n’ai pas encore rencontré de détenu, je ne veux plus en rencontrer, cela ne m’intéresse plus. A Oslo, on m’ignorait, mais au moins, on me respectait. Et puis, j’avais un minimum d’intimité, alors que là…

Houlà, j’ai failli tomber. Un papillon de nuit s’est précipité sur mon visage, surpris, j’ai agité mes bras et j’ai presque perdu l’équilibre. Je me suis rattrapé in extremis à une branche qui a failli casser. Tu parles d’une poisse… Ce n’est vraiment pas mon jour. Je tapote ma veste, et cherche dans la poche intérieure pour sortir mon paquet de cigarettes. Vide. Super, encore une bonne nouvelle. Soupirant, je le remets à sa place. A la place, je coince entre mes lèvres un bout de bois que je mâchouille distraitement.

Je commence à être fatigué, je commence à travailler dans quelques heures. Ca va être beau la journée… ce n’est plus la peine d’aller me coucher, tout d’abord parce que je n’ai pas de chambre, et puis je serai plus en forme si je ne dors pas du tout, plutôt que si je dors seulement une heure ou deux. Je n’aurai qu’à prendre quelques cafés, et ça passera.
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Sean Weiss
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MessageSujet: Re: Haut perché [pv] Sam 26 Juin - 10:47

    Je n’ai jamais pu me lever tard. Dès que les premiers rayons du soleil percent à travers la fenêtre de ma chambre, dès que les oiseaux se mettent à faire du bruit. Enfin … C’est une façon de parler, pour se situer dans le temps. Parce que ma chambre est du côté de la prison où il ne fait jamais soleil et que les oiseaux … eh bien quand ils passent dans le secteur, ils ne font pas trop de bruit. Non. J’ai toujours été un lève-tôt. Je ne supporte pas l’inaction du matin. Fixer le plafond et réfléchir … comme je ne réfléchissais pas déjà suffisamment dans l’ensemble de mes journées. Quatre heures du matin. Je suis debout. Je n’ai pas mangé, parce que je n’ai pas faim. Je n’ai jamais faim en me levant. J’essaie de me garder la tête et l’estomac vide. Ce que je fais, pendant que tout le monde dort ? Je fais ma ronde. Je salue les quelques gardiens qui veillent. Je salue la cantinière qui commence à préparer ses fourneaux à partir de cinq heures trente. Et une fois que j’ai eu la confirmation visuelle que tout se passe pour le mieux, eh bien je sors. Je reste dans la cour jusqu’à ce qu’on ouvre les portes des cellules. Je reste parfois un peu plus longtemps. Je regarde la grille de la prison. Derrière, on voit la forêt. Enfin, ce qu’ils appellent une forêt. Elle ne s’est pas encore très bien remise de l’incendie qui a eu lieu deux ans plus tôt. Les arbres sont encore debout, mais morts pour la plupart. À leur pied toutefois, on voit que la nature reprend du poil de la bête. Le sol est frais de verdure, la mousse se reforme, des pousses nouvelles voient le jour ou s’étirent de plus en plus.

    Un bruit soutenu attire mon attention. Il y a d’abord eu un craquement, puis, en tournant la tête, je vois les branches et les feuilles de l’arbre de la cour s’agiter. Intrigué, je m’approche. Le tremblotement des feuilles cesse, mais comme je m’installe sous les branches, une dernière feuille se détache et vient voleter jusque sur mon visage. Je l’en enlève et lève les yeux, cherchant ce qui a pu provoquer cette agitation. Il y a quelqu’un d’assis sur une branche.

    -Les lits de vos chambres sont si peu confortables que vous préférez dormir dans les arbres ? je lance.

    Il est certain que je n’ai pas affaire à un prisonnier. Et puis ces cheveux roux, je les connais. Je les ai reconnus à partir d’un nouveau dossier qui m’est parvenu la veille. Je ne me souviens plus du nom qui allait avec. Peu importe. Je ne me souviens pas non plus du matricule. Je m’adosse à l’arbre en pensant que s’il lui cassait une branche, je serai contrarié. J’aime cet arbre. Il est énorme, massif, et c’est le seul point de verdure de cette cour grise de béton. Même les prisonniers n’oseraient pas le vandaliser. Ils y sont attachés.

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I can't believe This could be the end And if it's real Well I don't want to know Our memories Well, they can be inviting But some are altogether Mighty frightening As we die, both you and I With my head in my hands I sit and cry It's all ending
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